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- Un papier de Salomé Hembert du Figaro sur les Duanju
Quand un grand média généraliste se penche sur le phénomène duanju, c’est souvent pour le regarder comme une curiosité. Mais le papier du Figaro du 12 octobre 2025, signé Salomé Hembert, mérite qu’on s’y arrête pour ce qu’il révèle autant que pour ce qu’il omet. En 2024, Thierry Lhermitte disait en riant qu’un papier assassin dans Le Monde ou Libération annonçait souvent un succès en salle. En lisant l’article du Figaro, difficile de ne pas penser à cette vieille règle. Le texte coche toutes les cases du genre qui fronce les sourcils devant un phénomène populaire. Côté français, réduire la plateforme naissante Story TV à quelques chiffres défavorables ne raconte pas l’histoire. Les données choisies sont partielles et, surtout, ne tiennent pas compte de la réalité multiplateformes où se joue l’attention aujourd’hui. Chaque mois, les comptes français qui publient des fictions verticales déclenchent des vagues de visionnages (par millions), de partages et de commentaires. Ce que le papier omet aussi, c’est que ce format permet aux créatifs de reprendre la main sur l’algorithme des réseaux sociaux en privilégiant une mise en scène, des comédiens et une écriture, plutôt que de laisser prospérer des vidéos sans direction, sans interprètes et sans récit. L’article ne dit pas non plus que des projections ont réuni en France des professionnels, et que des rencontres internationales se multiplient autour de ces formats. Scénaristes, producteurs, diffuseurs testent, débattent, itèrent. Ce tissu d’initiatives constitue déjà un signal. Autre angle absent : la grammaire narrative. Dès le titre, l’article compare le duanju au téléroman “Amour, gloire et beauté” “dopé aux stéroïdes”, cadrant d’emblée le sujet comme un soap télévisé plutôt que comme un format natif mobile. Juger le format à l’aune d’un feuilleton télé classique revient à reprocher au haïku de ne pas être un sonnet. L’article passe à côté de la richesse réelle du format. En y regardant de plus près, on découvre des créations subtiles, parfois historiques, fantastiques, sociales ou comiques. Le duanju n’est pas qu'une caricature de fiction rapide. Côté politiques publiques, un détail significatif manque. En juillet, lors d’un déplacement en Asie, Gaëtan Bruel, le nouveau président du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) avait évoqué le format . Depuis, silence. Plutôt que d’encourager des contenus exigeants pour les jeunes publics, le débat s’est surtout focalisé sur les dangers généraux des écrans. On peut vouloir protéger et, en même temps, stimuler la création de récits pertinents, encadrés, visibles. Petit rappel utile sur l’économie du cinéma. Si tout le monde, y compris les publics exigeants, peut encore s’asseoir au cinéma à un prix raisonnable, c’est parce que les films populaires remplissent majoritairement les salles et portent l’économie de toute la filière. Leurs millions d’entrées amortissent les risques, alimentent les mécanismes de financement et permettent aux œuvres plus fragiles d’exister. L’audiovisuel reste une industrie. Sans ces succès de masse, le prix d’un film d’auteur grimperait et beaucoup de projets ne verraient jamais le jour. Dit autrement, les films populaires financent les films des salons. Plutôt que d’opposer ces mondes, reconnaissons cette solidarité industrielle et culturelle. Et maintenant ? On peut débattre duanju contre télé ou cinéma, ou regarder ce que les spectateurs font déjà comme choix. Et pourquoi pas, chère consœur du Figaro, venir voir de près ce que vous n’avez pas raconté. Article rédigé par Guillaume Sanjorge #GuillaumeSanjorge #Duanjuphobie Source • Le Figaro , 12 octobre 2025 • MSN , 12 octobre 2025
- Quand la littérature s’inventait en épisodes
Dans le prolongement des textes précédents où j’avais voulu évoquer le fractionnement des BD dans des magazines connus puis leur évolution actuelle liée aux nouveaux modes de diffusion . Je voudrais aujourd’hui parler de la pratique du fractionnement qui fut appliquée autrefois à des œuvres littéraires (y compris à de grands romans qui devinrent ensuite des classiques) par le biais de ce qu’on a appelé le roman-feuilleton , une forme de publication en épisodes dans les journaux à grande diffusion, dans des revues voire même des fascicules, et qui a captivé des millions de lecteurs.Dans ce cadre, on retrouvait des notions qui nous sont maintenant familières : Comme pour les BD dont nous avons parlé, le suspense quotidien ou hebdomadaire : chaque épisode se terminait souvent par une attente ou un rebondissement, incitant les lecteurs à acheter le journal suivant pour « connaître la suite » : on appellerait cela de nos jours un souci de…fidélisation ! En outre, même si ce n'est pas directement notre propos, il faut savoir que ce format « journalistique » permettait aux classes populaires d’accéder à la littérature dans le cadre d’une tendance générale à la démocratisation... On a oublié, par exemple, que Victor Hugo a publié certains de ses romans en feuilleton ! Le si célèbre Les Misérables a été publié en plusieurs « épisodes » sous forme de fascicules, comme un feuilleton, mais dans un cadre plus prestigieux qu’un journal quotidien, ce qui correspondait au souci de l’auteur…Gustave Flaubert, malgré ses réticences vis-à-vis de ce procédé, a accepté que Madame Bovary sorte en feuilleton, mais dans La revue de Paris , gage à ses yeux de plus de sérieux…Guy de Maupassant, quant à lui, a largement utilisé la presse, mais surtout pour ses « nouvelles », donc brèves, et non pas ses romans. Il a publié des centaines de nouvelles dans des journaux célèbres de son temps. Ses romans, comme Une vie , Bel-Ami ou Pierre et Jean (1888) ont parfois été prépubliés en feuilleton. Maupassant maîtrisait parfaitement le rythme du feuilleton, avec des rebondissements et des portraits incisifs, mais il restait sur le fond attaché à une forme littéraire plus sobre que le roman-feuilleton sensationnaliste. Hors de France, l'exemple le plus frappant est celui du très grand écrivain russe Fiodor Dostoïevski.Des romans majeurs comme Crime et Châtiment , L’Idiot , Les Possédés et Les Frères Karamazov ont tous été publiés en feuilleton dans diverses revues russes. Cet auteur visait ainsi à toucher un large public, d'autant plus qu’étant fréquemment en difficulté financière, il lui fallait obtenir rapidement les revenus dont il avait besoin… Article rédigé par Jean-Marie Sanjorge #JeanMarieSanjorge
- Camille Moretti du journal 20 Minutes : un regard inquiet sur les Duanju
L’article publié par 20 Minutes et signé Camille Moretti s’inscrit dans une tendance « Duanjuphobique » désormais bien installée : après le président du CNC , certains médias français comme France Inter , Le Figaro , abordent le phénomène des mini-séries verticales à travers le prisme de la méfiance, voire du soupçon. Le format devient un objet d’inquiétude plutôt qu’un terrain d’analyse. Rien de nouveau, donc : même inquiétude, même lecture défensive, même incapacité à imaginer ce que pourrait être une création française ambitieuse dans ce champ émergent. À ce jour, seule la journaliste de Konbini , Delphine Rivet, a réellement posé la question à sa juste échelle : que faire de ce format, comment l’investir, comment le tirer vers le haut ? Son article proposait d’exiger des œuvres fortes, intelligentes ou émotionnelles, et non de réduire le duanju à ses excès visibles sur les plateformes sociales. C’est précisément ce vide que duanju.news tente de combler : montrer qu’un autre modèle est possible. Un modèle qui analyse le format plutôt que de le craindre, qui cherche la création plutôt que la caricature, et qui considère le duanju non comme une menace culturelle mais comme un espace où la fiction française pourrait enfin oser quelque chose de neuf. Lire l'article de 20 Minutes par Camille Moretti : Lien Article redigé par Guillaume Sanjorge #GuillaumeSanjorge #Duanjuphobie
- Juliette Cécile : une trajectoire inattendue vers les drames verticaux
Sur la chaîne Vertical Drama Love de la journaliste Jen Cooper, l’actrice Juliette Cécile revient sur son parcours singulier, ses personnages marquants et sa manière d’habiter le format vertical. Ancienne professeure de français, Juliette Cécile découvre les plateaux de tournage aux États-Unis presque par hasard. Repérée pour un petit rôle sur un blockbuster, elle y trouve une nouvelle vocation. Très vite, elle multiplie les apparitions dans des productions américaines, avant de s’imposer dans les séries verticales avec un jeu à la fois physique, instinctif et habité. Aujourd’hui installée à Los Angeles, elle incarne souvent des figures affirmées, complexes, parfois redoutables. Elle revendique une implication totale, allant jusqu’à réaliser ses propres scènes d’action : « J'ai pris quelques coups en tournant une scène de combat, mais je le referais sans hésiter. » Ce rapport au corps, à l’intensité physique du jeu, s’inscrit dans une tradition populaire du comique visuel et de l’expressivité, que Juliette réinterprète avec sincérité et exigence. Pour elle, tout repose sur une règle simple : « On peut tout jouer, à condition de le faire sérieusement. » Elle pointe toutefois les limites d’un format où les cadences peuvent nuire à la subtilité du jeu : « Ce n’est pas toujours facile de nuancer un personnage quand on tourne trois épisodes par jour. » Chez Duanju.news, on espère la voir continuer à explorer, détourner, approfondir ce format qui lui va si bien, à la fois frontal et plein d’humanité. Si nécessaire, activez les sous-titres dans votre langue. #JenCooper
- Nick Ritacco : une gueule taillée pour le Duanju
Sur la chaîne Vertical Drama Love de la journaliste Jen Cooper, l'acteur Nick Ritacco revient sur son parcours, ses rôles marquants et sa vision du vertical drama. Figure montante du vertical drama et récompensé pour son rôle de M dans Crush on the Unwanted Princess, il enchaîne aujourd’hui les productions dans un format en pleine mutation. Présence affirmée, regard intense : il a ce que l’on appelle une vraie gueule de cinéma, un atout qui n’échappe ni aux fans, ni aux plateformes. Ancien comédien de théâtre, formé à New York, Ritacco bascule vers le vertical en 2023 avec Billionaire CEO’s Obsession. Il y découvre un univers encore peu balisé, rapide, mais capable de raconter beaucoup avec peu. Depuis, il multiplie les rôles d’antagonistes, de mafieux ou de figures plus ambivalentes. Mais c’est surtout sa position sur le cynisme qui le distingue : Ritacco assume des scénarios parfois improbables, comme une romance entre une mafieuse et un loup-garou, mais refuse de les jouer avec ironie : « C’était absurde, mais on l’a joué sérieusement. Jamais de manière cynique. On ne s’est pas moqué du scénario. On l’a traité comme un drame réaliste. » Nous partageons cette vision : jouer sérieusement, c’est respecter le genre, le personnage, et le public. Il exprime néanmoins une réserve sur la rapidité croissante des tournages, qui laisse peu de place à la nuance et au travail du jeu. Malgré la cadence, Nick Ritacco s’efforce de ne livrer aucune scène “au rabais”. Il rêve de projets où la tension ne reposerait pas uniquement sur la surenchère. Il évoque l’envie d’incarner un détective usé ou un personnage plus introspectif, dans un duanju capable de raconter autrement. L’avenir de ce format permettra-t-il de répondre à ces aspirations ? Chez Duanju.news, nous souhaitons à cet acteur au talent prometteur de trouver les rôles à la hauteur de ses aspirations. Si nécessaire, activez les sous-titres dans votre langue. #JenCooper
- GammaTime léve 14 millions pour produire des Duanju
À Hollywood, une nouvelle plateforme veut faire du micro-drama un vrai business de masse. GammaTime vient de lever 14 millions de dollars pour produire des séries très courtes, tournées en format vertical et pensées uniquement pour le smartphone. L’idée est de reprendre les recettes des duanju chinois et de les adapter au public occidental, avec des épisodes d’une à deux minutes à regarder à la chaîne. Derrière GammaTime, on trouve Bill Block, ancien patron du studio Miramax, qui a produit de nombreux films indépendants aux États-Unis. Il est accompagné d’investisseurs très connus du grand public: Alexis Ohanian, cofondateur de Reddit, mais aussi Kris Jenner et Kim Kardashian, figures de la téléréalité et du marketing d’influence. Tous misent sur un même pari simple: si des millions de personnes paient déjà pour débloquer des micro-dramas sur des applications comme ReelShort, alors une plateforme américaine, bien financée et bien produite, peut elle aussi trouver son public. L’argent levé doit servir à financer la technologie et surtout des séries originales, tournées uniquement en vertical. GammaTime annonce plus de vingt fictions au lancement, dont certaines écrites par Anthony E. Zuiker, créateur de la série Les Experts (CSI). Le modèle économique suit la logique des applis de micro-dramas: quelques épisodes gratuits pour accrocher le spectateur, puis un paiement pour connaître la suite. Si ce pari fonctionne, il pourrait accélérer encore l’arrivée du micro-drama dans les offres des grands groupes audiovisuels américains et européens. Sources : • TV Tech , 24 octobre 2025 • The Wrap , 23 octobre 2025 • Fabric , 24 septembre 2025 • Real Reel , 10 octobre 2025
- Les productions britanniques Night Train Media et Spirit Studios se lancent dans le format Duanju
Le Royaume-Uni entre officiellement dans la course à la narration verticale. Deux sociétés bien établies, Night Train Media et Spirit Studios, ont annoncé le financement du développement d'une micro-série dramatique native pour téléphones portables, qui sera lancée dans le monde entier via Night Train Digital. Ce projet vise à innover, en combinant un format 9:16 intimiste, une écriture de qualité studio et un rythme émotionnel intense (« une émotion par temps »). Selon Herbert L. Kloiber, PDG de Night Train Media Group : « L’essor mondial des contenus verticaux est un phénomène que nous suivons de près. Notre objectif est d’élever le niveau de qualité en faisant appel à des scénaristes et des acteurs de premier plan pour la production. » La déclaration de Kloiber témoigne d'un engouement croissant pour les micro-dramas de qualité : des séries courtes et verticales conçues pour les écrans mobiles. Des plateformes comme ReelShort, DramaBox et ShortMax sont à l'origine de cette tendance, et le marché devrait atteindre 14 milliards de dollars d'ici 2027. Matt Campion, directeur créatif et cofondateur de Spirit Studios, a ajouté : « Nous sommes ravis de produire notre première série dramatique verticale. Avec une consommation de divertissement plus importante que jamais en format vertical, nous sommes idéalement placés pour créer des histoires adaptées à la façon dont le public regarde réellement les programmes. » Neil Francis, le nouveau directeur général de Night Train Digital, a partagé ce sentiment, soulignant que ce projet s'inscrit dans leur mission de « repousser les limites et d'expérimenter des formats qui font évoluer le paysage de la distribution ». Actuellement en phase de développement, le projet recrute activement de jeunes talents britanniques en écriture et en jeu d'acteur. Son objectif : créer des histoires courtes et intenses, à l'esthétique cinématographique, mais au format vertical. Alors que la narration verticale s'étend de l'Asie à l'Europe et aux États-Unis, cette collaboration marque une étape importante pour la scène britannique, alliant savoir-faire cinématographique et innovation axée sur le mobile. Article rédigé par Blessing Azugama #BlessingAzugama Source: DropMedia , 1er octobre 2025
- Duanjuphobie : Les journalistes de France Inter veulent "résister" aux Duanju
Le 14 octobre 2025, à la fin du Journal de 19h sur France Inter, la grande radio publique française, les journalistes concluent avec humour : « On va résister, on va lutter avec nos petits bras ». Une phrase anodine en apparence, mais révélatrice d’un certain réflexe français face aux révolutions culturelles. On rit pour tenir à distance ce qui dérange : un format nouveau, rapide, populaire et étrangement efficace. Ce ton ironique n’est pas qu’une plaisanterie radiophonique. Il s’inscrit dans un contexte plus large : celui d’une industrie cinématographique française en crise de modèle. Selon Le Figaro, 90 % des films produits en France ne sont pas rentables. Malgré une production abondante et des soutiens publics considérables, la plupart des œuvres ne remboursent pas leurs coûts. Et comme le souligne Les Échos, la Cour des comptes s’interroge désormais sur le nombre de films aidés par le CNC : entre 2011 et 2022, la France a produit en moyenne 270 longs-métrages par an, bien plus que ses voisins européens, alors même qu’une grande partie d’entre eux peine à trouver leur public. En 2019, près d’un tiers des films d’initiative française ont attiré moins de 20 000 spectateurs. Autrement dit, l’industrie résiste déjà à une autre forme de réalité : celle d’un système subventionné où l’offre dépasse la demande et où la rentabilité s’effondre. Dans ce cadre, le duanju n’est pas une menace, mais une expérience parallèle, un modèle où la légèreté de production, la réactivité et l’attention du public redonnent du souffle à la création. On peut sourire d’un format d’une minute, financé autrement, consommé ailleurs, et pensé pour une génération qui invente d’autres rythmes narratifs. Mais on peut aussi y voir un laboratoire : celui d’un récit moderne adapté à la vitesse et à la fragmentation de l’attention. Résister à cela, c’est sans doute prolonger un malentendu : croire que défendre le cinéma consiste à ignorer les formes nouvelles plutôt qu’à les comprendre. Résister à une minute, c’est peut-être résister à l’époque. Ou refuser d’admettre que la créativité peut, parfois, tenir dans le creux de la main. Article rédigé par Guillaume Sanjorge #GuillaumeSanjorge #Duanjuphobie Source : • France Inter , 14 octobre 2025 • Le Figaro , 8 janvier 2014 • Les Échos , 17 octobre 2023
- Jen Cooper : « Pourquoi les dramas verticaux m’ont réconciliée avec la fiction romantique »
Le 14 juin 2025, à l’occasion de la seconde projection publique sur le format Duanju organisée par l'association Studio Phocéen à Paris, la journaliste britannique Jen Cooper a introduit la soirée avec une intervention vidéo remarquée. Fondatrice du média spécialisé Vertical Drama Love et initiatrice des Fan Awards du genre, elle a partagé une vision à la fois personnelle et éclairante de ce nouveau format de fiction. Ancienne libraire passionnée par les récits d’amour, Jen Cooper se présente comme une spectatrice « typique » de ces mini-séries verticales (Duanju). Mère de deux ados, débordée comme beaucoup, elle a longtemps cherché des formats adaptés à ses envies : des romances accessibles, de qualité, sans contrainte de temps ou de plateforme. Face à une production hollywoodienne jugée appauvrie et une télévision traditionnelle souvent décevante, elle découvre par hasard les dramas verticaux via TikTok : « Je voulais quelque chose de simple, d’émotionnel, qui tienne dans le creux de la main. Et là, tout à coup, c’était là. » Ce qu’elle décrit, c’est un basculement dans un nouveau mode de consommation de la fiction : rapide, direct, mobile. Les vertical dramas, ou duanju, proposent des épisodes de 1 à 3 minutes, pensés dès l’écriture pour le format smartphone. Et surtout : centrés sur le ressenti immédiat. Pour Jen Cooper, cette efficacité émotionnelle explique le succès mondial du format, en particulier auprès d’un public féminin. Le vertical drama ne cherche pas à imiter le cinéma ou la télé : il invente ses propres codes, souvent plus proches des réseaux sociaux. Si l’Asie a largement anticipé cette révolution, l’Europe commence à peine à s’y intéresser. L’intervention de Jen Cooper rappelle à quel point le genre peut toucher un public large, au-delà des clichés sur les « jeunes générations ». À travers Vertical Drama Love, elle cartographie cette mutation mondiale et milite pour la reconnaissance des créateurs, souvent invisibles. Découvrir son blog : https://www.verticaldramalove.com/ #JenCooper
- Karla M. Rodriguez : « Les dramas verticaux offrent un terrain d’innovation pour la nouvelle génération de talents »
Le 14 juin 2025, lors de la deuxième soirée de projection publique organisée par l'association Studio Phocéen à Paris, la professionnelle californienne Karla M. Rodriguez a livré une intervention sur l’évolution des formats et les nouvelles dynamiques de production autour du duanju. Ancienne collaboratrice de Sony Pictures et de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences, Karla M. Rodriguez a participé à l’essor de la vidéo mobile en rejoignant les équipes de Vogue et Condé Nast. Elle travaille aujourd’hui dans le développement de castings et de partenariats pour plusieurs plateformes de fiction courte. Une mutation du paysage audiovisuel Dans son intervention, Karla M. Rodriguez revient sur la transition observée à Hollywood depuis une dizaine d’années. À l’époque où elle travaillait dans le développement de contenus pour la télévision non scénarisée chez Sony, elle constate un déclin progressif de ce secteur, en lien direct avec le recul de la télévision linéaire : « Tout le monde stream, plus personne ne regarde les chaînes. Et beaucoup sont sur YouTube ou sur mobile. » Cette transformation des usages l’amène à se tourner vers des formats plus agiles et digitaux. Chez Vogue, elle participe à la production de vidéos à la fois horizontales et verticales, pensées pour le web et les réseaux sociaux. Elle y découvre l’importance des formats courts centrés sur le talent, comme les séries « 71 Questions » ou « What’s in My Bag ». De l’édition de mode aux fictions verticales Ce détour par les médias de mode lui ouvre la voie vers le monde du duanju, qu’elle voit comme un espace hybride, à la croisée des univers de l’influence, de la série et du streaming. Pour elle, les vertical dramas permettent à une nouvelle génération de créateurs de « travailler dans des environnements innovants, plus rapides et connectés à la réalité des usages mobiles ». Aujourd’hui basée en Californie, Karla Rodriguez accompagne des plateformes dans le repérage de talents et la structuration de projets pensés dès le départ pour une narration verticale. Elle insiste sur l’intérêt stratégique que ces formats représentent pour les professionnels en quête de diversité, d’impact rapide et de diffusion mondiale. « Ce format est pensé pour l’instantané. Pour des talents qui veulent créer vite, être visibles vite. Et ça change tout. »









