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117 résultats trouvés avec une recherche vide

  • ByteDance (Tiktok) lance une application Duanju en bande dessinée

    Nous avions déjà montré dans un article que la bande dessinée est née dans le format court et feuilletonnant : d’abord dans Le Journal de Mickey  (1934), puis dans Pilote  (lancé en 1959), où chaque semaine paraissaient les aventures d’Astérix, Lucky Luke ou Tanguy et Laverdure. Ce rythme sériel a façonné une véritable culture de l’attente et du suspense, ancêtre direct du modèle du duanju et de ses déclinaisons numériques. Un parrallele avec les webtoon a été également expliqué dans un autre article . Aujourd’hui, l’histoire semble boucler la boucle : ByteDance, maison mère de TikTok et Douyin, vient de lancer en Chine une application gratuite dédiée aux Duanju illustrés, un format hybride entre webtoon et série courte. Baptisée « 漫剧岛 » ( Manju Dao , littéralement “l’île du drama dessiné”), la plateforme combine lecture verticale et logique d’épisodes ultra-brefs, conçus pour un visionnage rapide sur smartphone. Chaque planche intègre des effets de mouvement, de son et de voix off, brouillant la frontière entre bande dessinée animée et fiction sérielle. Pour ByteDance, déjà leader du duanju avec Douyin, cette initiative vise à étendre la narration courte à tous les formats visuels. En Chine, le but est clair : conquérir une génération habituée aux webtoons coréens mais désormais en quête de récits plus immersifs. Pour les créateurs, l’intérêt est stratégique : la production d’un “manga webtoon duanju” coûte bien moins cher qu’une mini-série filmée tout en s’intégrant parfaitement au modèle de l’attention lecture rapide, interaction, partage. Ce format pourrait à terme influencer l’international. Cette filiation entre bande dessinée et fiction mobile a également été explorée en France avec Roi Gandolfi , une série au format Duanju faisant participer des acteurs issus des films Astérix et Obélix . Source : • WeChat 漫剧岛发布 , 2 novembre 2025

  • À Paris, le 14 juin 2025, la scène mondiale du Duanju s’est réunie

    Après une première projection locale en novembre 2024, la soirée du 14 juin 2025 a pris une dimension internationale. À Montmartre, l’association Studio Phocéen a réuni un public local et des invités venus d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Afrique pour une soirée consacrée à la fiction verticale mobile, encore peu connue en France. Dans une ambiance conviviale, spectateurs et professionnels ont échangé autour d’un format qui s’impose progressivement comme un nouveau langage narratif. La présentation de la soirée a été assurée par Maelle Billant, podcasteuse et juriste en droit international, qui coordonne l’événementiel de l’association Studio Phocéen, aux côtés de Jean-François Fonlupt, producteur reconnu et lauréat de quatre Palmes d’Or à Cannes avec la société Ciby 2000 dans les années 90, ayant collaboré avec des cinéastes tels que David Lynch, Pedro Almodóvar ou Emir Kusturica. L’animation était également assurée par Sylvain Binetti, acteur et chanteur de cabaret parisien. Des projections française et une ouverture mondiale La soirée a débuté avec la projection sur grand écran de cinq fictions française produites par Sanjorge Production : Ambre, La Minute des Frangins, Miliciens, Roi Gandolfi et Les Aventures avec ma voisine. Ces séries pour un visionnage sur téléphone, illustrent l’évolution d’une écriture visuelle plus directe et rythmée. Étaient également présents à la soirée les acteurs Jean-Louis Barcelona, dont la riche filmographie inclut de nombreux films populaires, et Magali Semetys, actrice familière du public de séries télévisées. L’acteur Michel La Rosa était également à l’honneur avec la projection du Roi Gandolfi. Figure familière de la télévision des années 80, il prête désormais ses traits à ce personnage central dans une adaptation au format Duanju. Sa présence illustre le passage d’un visage du petit écran vers l’univers de la fiction digitale. Autre temps fort, la présence de Tony Leva, comédien-voix et fondateur de SyncLab Studio, qui a présenté son travail de doublage francophone de séries mobiles pour des plateformes comme Stardust TV et Netshort. Son intervention a illustré comment le doublage ouvre la voie à une appropriation européenne du format. Une vision internationale du format Plusieurs invités étrangers ont livré leur lecture du phénomène. La productrice mexicaine Yamile Vaena a insisté sur la nécessité d’un nouveau langage narratif, rapide et audacieux, né de la contrainte d’écrire en quelques secondes. Sa compatriote Veronica Angeles-Franco a rapproché le Duanju des telenovelas latino-américaines, y voyant une réinvention condensée des grands récits populaires. La scénariste américaine Jenny Rosen a témoigné de son passage du web novel au vertical drama, soulignant la croissance fulgurante du public et l’inspiration que ce format puise dans la littérature en ligne. La productrice californienne Karla M. Rodriguez, issue du milieu de la mode et des médias digitaux, a quant à elle défendu le Duanju comme un terrain stratégique d’innovation et de diversité pour la nouvelle génération de talents. Du côté britannique, le producteur Adam Gee, lauréat d’un BAFTA et d’un Emmy, est venu specialement d'Angleterre pour présenter le Smart Film Fest, festival international dédié aux films tournés au smartphone. Pour lui, la narration verticale est « le langage de cette génération », une nouvelle vague comparable à l’énergie de la Nouvelle Vague française. La journaliste Jen Cooper, fondatrice de Vertical Drama Love, a de son côté rappelé comment le format avait réconcilié le public féminin avec la fiction romantique, en proposant une efficacité émotionnelle immédiate. Enfin, la productrice chinoise Wenwen Han, fondatrice de la Short Drama Alliance, a replacé le Duanju dans l’héritage des romans en ligne diffusés en Chine depuis les années 1990. Elle a insisté sur l’importance des scénaristes, souvent invisibles, et sur la nécessité de relier les créateurs du monde entier pour bâtir des ponts entre marchés asiatiques et européens. Nouvelles plateformes et perspectives La soirée a aussi été l’occasion de découvrir StoryTV, plateforme Duanju présentée par Alexandre Perrin et Adrien Cottinaud. Cette plateforme propose des micro-séries de 1 à 3 minutes avec une mécanique narrative centrée sur l’attention immédiate et le partage. Pour ses fondateurs, l’Europe représente encore un marché “vierge”, prometteur pour le développement du Duanju. Une étape fondatrice En réunissant projections locales et interventions internationales, la soirée du 14 juin 2025 a marqué une étape pour l’implantation du Duanju en France. Elle a montré la richesse d’un format capable de fédérer des créateurs venus d’horizons très divers, et de poser les bases d’un dialogue mondial autour de nouvelles formes de narration.

  • Jordan De Luxe et Jean-Pierre Castaldi en duo dans la série Duanju « Roi Gandolfi »

    Sur les hauteurs des Goudes et de Callelongue, au cœur des calanques de Marseille, face à l’île Maïre, deux silhouettes anachroniques rejouent la comédie du Moyen Âge. Il s'agit de Jean-Pierre Castaldi qui incarne un chevalier massif, bourru mais au grand cœur, et accompagné d’un écuyer débordant d’énergie interprété par Jordan De Luxe. Ensemble, en tournage pour la série  Roi Gandolfi , ils font revivre l’esprit des grands duos d’aventure. La scène se déroule dans un décor de falaises calcaires, d'herbes sèches et de l'horizon marin, le tout baigné par une lumière méditerranéenne. Par contraste, les intérieurs d’un château médiéval ont nécessité d'autres plans, qui ont été réalisés en studio sur fond vert. En 2016, plusieurs médias, dont Télé Loisirs  et Télé 2 Semaines , avaient présenté le projet sous le titre Chevaliers Academy, diffusé sur plusieurs chaînes du câble. Depuis, l’univers a évolué : la série a été repensée au format Duanju sous le nom Roi Gandolfi , en vertical et resserré, conçu pour les écrans de téléphone. L'histoire se recentre autour du souverain du royaume, dont la tranquillité est perturbée dans quelques épisodes par ce duo d'aventuriers. Jean-Pierre Castaldi est une figure familière du cinéma français depuis les années 1970. Ancien pensionnaire du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, il s’est illustré au théâtre comme à l’écran, de Claude Zidi à Claude Lelouch. Il a marqué plusieurs générations par ses rôles populaires, notamment dans les adaptations d’Astérix au cinéma « Astérix et Obélix contre César » (1999) puis « Astérix aux Jeux Olympiques » (2008) où il incarne un centurion romain désormais emblématique, souvent repris dans les bandes-annonces et extraits télévisés. Jordan De Luxe, aujourd’hui reconnu comme animateur et chroniqueur télé, de Voltage à C8, en passant par W9 aux côtés de Cyril Hanouna, s’essaie ici avec efficacité à un registre différent : la fiction et la comédie. Lors d’un passage à la radio sur Voltage, l’acteur à la filmographie prolifique Jean-Louis Barcelona a d’ailleurs félicité son interlocuteur, Jordan De Luxe, pour son interprétation. Une émission d’une chaîne du groupe Canal+ a ravivé un souvenir de tournage marqué par un petit accident : Jordan De Luxe s’était blessé à l’arcade après un faux mouvement d’épée, un épisode que Jean-Pierre Castaldi se remémore avec tendresse, au détriment de l’intéressé. Avec la participation de Jean-Pierre Castaldi et Jordan De Luxe, Roi Gandolfi  gagne en relief et en personnalité. La série cultive un goût pour la parodie, la fantaisie et la satire populaire, transposés au format Duanju. Elle se veut l’héritière directe des bandes dessinées feuilletonnantes des années 1960. À l’image d’Astérix le Gaulois, né dans les pages du magazine Pilote, où chaque semaine un « à suivre » tenait le lecteur en haleine, Roi Gandolfi adopte un rythme fragmenté et sériel. Guillaume Sanjorge, son créateur, revendique cette filiation symbolique avec l’univers d’Uderzo et de Goscinny. Il a d’ailleurs participé au documentaire Canal+ Astérix sur le divan d’Uderzo, consacré à l’un des pères du héros gaulois, prolongeant ainsi cette tradition du récit populaire réinventé pour l’écran vertical. Voir la série intégrale : Lien

  • Michel La Rosa, de la télévision au format Duanju : le retour du « Roi Gandolfi »

    Figure familière des téléspectateurs des années 80, Michel La Rosa a marqué ses années de présence comme animateur avant de se tourner vers la fiction. Son parcours singulier trouve aujourd’hui une résonance avec la renaissance d’une série qu’il porte fièrement. Michel La Rosa s’est imposé à la télévision grâce à sa capacité à fédérer le public et à mettre en lumière des invités de premier plan. Ses interviews marquantes, aujourd’hui conservées à l’Institut national de l’audiovisuel (INA), témoignent de la diversité des personnalités qu’il recevait : Jean Rafa, Isabelle Aubret, Odette Joyeux, Jacques Demy ou encore Darry Cowl. Il enchaîne alors des programmes populaires : Tremplin sur FR3 Méditerranée (1985-1987), puis en 1990 sur Antenne 2 avec Matin Bonheur, Été Show, Villa de star et Ça va tanguer. Une trajectoire jalonnée de succès, brutalement interrompue en 1990, lorsqu’il quitte la télévision à la demande du Président François Mitterrand, au moment de l’annonce de l’entrée de la France dans la guerre du Golfe. Cette décision le pousse à se réinventer, en cultivant un regard neuf sur la création et la sincérité dans son métier. La notoriété acquise lui ouvre rapidement de nouveaux horizons : il retrouve le micro sur France Inter, puis revient sur TF1 comme animateur de Shopping Avenue Matin et Télévitrine (1998-2013). Michel La Rosa rejoint la série «  Roi Gandolfi » Sous l'ancien nom Draculi & Gandolfi, la série avait marqué les chaînes du câble et les antennes régionales dans les années 2010 par son ton décalé et son ancrage dans le patrimoine médiéval. La presse régionale et nationale de Var-Matin, Sud-Ouest à La Provence en passant par Télé-Loisirs, Premiere, avait largement couvert ses tournages spectaculaires, portés par les costumes, le casting et le nombre de figurants, notamment à Marseille, aux Goudes, aux îles du Frioul, sur la presqu’île du Gaou, au château de Tarascon et dans plusieurs monuments historiques du sud de la France. En 2020 sur Radio Maritima, Michel La Rosa parle de la série à l'occasion de projections dans le sud de la France. La même année avec Benjy Doti, Michel La Rosa évoque le succès de la série sur les réseaux sociaux. Projection du 14 juin 2025 Michel La Rosa participe à la projection organisée par l'association Studio Phocéen le 14 juin 2025 à Paris. A cette occasion, il est revenu sur sa rencontre avec Guillaume Sanjorge, réalisateur de la série Roi Gandolfi projetée ce soir-là. Une rencontre qui ne date pas d’hier : elle remonte à une quinzaine d’années, par l’intermédiaire de Frédéric Perrin, directeur du cinéma Le Prado à Marseille. Michel La Rosa raconte avoir été frappé par la passion et la conviction du jeune réalisateur : « Ce jeune homme m’a parlé avec une passion évidente, avec l’envie et j’ai senti du talent. » Séduit, il accepte d’incarner le Roi Gandolfi, personnage central de l’univers médiéval de la série. Roi Gandolfi, une saga qui renaît Aujourd’hui, l’histoire renaît sous le titre « Roi Gandolfi », adaptée aux technologies actuelles et au format Duanju : des épisodes verticaux, courts et rythmés, conçus pour être regardés sur le téléphone. Plus qu’un simple retour, ce projet incarne le dialogue entre mémoire télévisuelle et innovation numérique, porté par l’engagement d’un acteur, Michel La Rosa, qui a su traverser les époques. Source : Var Matin , le 26 août 2020 Sud ouest , le 10 septembre 2019 Toute La Culture ,  le 28 avril 2016 Télé Loisir , Télé 2 Semaine le 17 février 2016 La Provence , le 3 juillet 2012 Premiere , le 20 août 2010

  • Première projection de séries françaises au format Duanju

    Une première projection verticale de Duanju en France. Le 23 novembre 2024, l'association Studio Phocéen a organisé au bistro Gouttes Cave Tattoo à Montmartre la toute première projection verticale en France, inspirée du format Duanju. Ce format court et dynamique, conçu pour les téléphones, a été présenté au public parisien à travers plusieurs mini-séries originales, offrant des propositions plus françaises pour ce type de contenu. La soirée, animée par Maëlle Billant, a rassemblé environ 70 spectateurs dans une atmosphère chaleureuse. Des fictions écrites et produites par Guillaume Sanjorge, réalisées par Jérémy Haeffele et Camille Bertin, ont été dévoilées, suivies d’un échange entre le public et les équipes artistiques. La présence d’acteurs et d’actrices reconnus a contribué à crédibiliser l’événement. Parmi eux, Jean-Louis Barcelona, dont la filmographie prolifique inclut des apparitions marquantes dans OSS 117, Radiostars, Les Profs ou Astérix et Obélix. Magali Semetys, révélée dans Les Mystères de l’Amour, et Sylvain Binetti, apprécié pour ses concerts de chanson française au Petit Café de Montmartre, étaient également présents. Le casting comptait aussi Svetlana Sfera, modèle ukrainienne désormais active dans la fiction, ainsi que les actrices Chloé Borivage, Aria Laurens, Ana Capella, et Guillaume Sanjorge. Ils ont partagé leurs expériences de tournage et échangé librement avec le public. La soirée a commencé par une intervention de Jean-François Fonlupt, producteur de films emblématiques à l’échelle internationale (La Leçon de piano, Underground) et ancien dirigeant de Ciby 2000, célèbre pour avoir remporté 4 Palmes d’or dans les années 1990. Figure du cinéma d’auteur à la fois international et populaire, il a représenté ce soir-là la transition du grand écran vers les formats courts. Un moment fort pour le lancement du format Duanju en France Sources : • Montmartre Addict , 14 novembre 2024 • Hello Asso  - Studio Phocéen , 23 novembre 2024 • Facebook - Studio Phocéen , 24 novembre 2024 • Linkedin - Studio Phocéen , 24 février 2025

  • Première série verticale en Espagne : Atresmedia dévoile « Una novia por Navidad »

    Atresmedia, l’un des groupes audiovisuels les plus importants d’Espagne, se lance dans le microdrama avec Una novia por Navidad, une série conçue directement en format vertical pour Flooxer. Atresmedia possède plusieurs chaînes nationales très suivies et une plateforme de streaming, Atresplayer, qui joue aujourd’hui un rôle clé dans la modernisation de la fiction espagnole. Avec ce projet, le groupe rejoint la dynamique mondiale du récit court pour mobile, déjà très installée en Asie et en Amérique latine. La série est développée en collaboration avec La Charito Films et dirigée par Laura Reviejo et Marta Ambel Meyer. Elle est destinée à Flooxer, une branche d’Atresplayer centrée sur les formats courts et les contenus innovants. Ce canal vise principalement un public jeune et se distingue par l’expérimentation de nouveaux formats. Una novia por Navidad adopte les codes du microdrama avec des épisodes de 1 à 3 minutes, une intrigue concentrée sur un petit nombre de personnages et un total de 60 épisodes, en ligne avec les standards internationaux du genre. Cette approche permet une consommation rapide, adaptée aux usages mobiles et aux plateformes sociales. Une histoire ancrée dans la saison de Noël L’histoire suit Sofia, qui traverse une rupture juste avant les fêtes. Elle se rapproche de Marina, avec qui le courant passe immédiatement. Tout se complique quand Sofia découvre que Marina est en couple avec son frère. Le programme s’appuie sur les codes du récit romantique tout en les adaptant à la vitesse et aux attentes du public mobile. Sources : • Atresplayer Premium , 29 novembre 2025 • Atresmedia Prensa , 19 novembre 2025 • TodoTVNews , 20 novembre 2025 • Hola , 27 novembre 2025

  • Wenwen Han : « Les Duanju sont l’héritage numérique de la littérature populaire chinoise »

    Le 14 juin 2025, lors de la deuxième soirée de projection publique organisée par l'association Studio Phocéen à Paris sur le Duanju, la productrice chinoise Wenwen Han a ouvert la visioconférence avec une intervention marquante. Fondatrice de la Short Drama Alliance et animatrice de la chaîne Short Drama Decode, elle a partagé une présentation riche et documentée sur l’essor des fictions courtes en Chine. Wenwen Han replace le format duanju dans une histoire longue : celle des romans en ligne chinois, apparus dans les années 1990 et publiés chapitre par chapitre, parfois jusqu’à des milliers d’épisodes. À mesure que ces récits captivaient un lectorat toujours plus large, un système économique s’est structuré : les lecteurs payaient pour débloquer la suite. De là est née une culture du feuilleton accéléré, prêt à basculer vers la vidéo. « Les mini-dramas sont comme une version bêta audiovisuelle de nos romans en ligne. » L’intervention de Wenwen Han a offert au public un aperçu des coulisses de cette industrie en pleine expansion. Elle insiste sur le rôle des scénaristes, souvent invisibles, et sur l’importance de connecter les créateurs du monde entier pour faire grandir ce format. En lançant la Short Drama Alliance, elle souhaite ouvrir un dialogue entre les pays déjà en avance, comme la Chine et ceux en pleine découverte, comme la France. « La fiction verticale est un nouveau langage, et c’est maintenant qu’il faut l’apprendre. » Découvrez sa chaîne Youtube : ici #WenwenHan

  • Inter Medya : le géant turc qui se met au duanju

    Inter Medya, basée à Istanbul, est l’un des principaux exportateurs de séries turques. En un peu plus de trente ans, la société a bâti un catalogue de milliers d’heures de programmes vendus dans plus de 160 pays. Elle ouvre désormais une nouvelle ligne de travail : des microdramas tournés directement en 9:16 et pensés pour un visionnage rapide sur smartphone. Une nouvelle étape pour inter medya Sa première série originale, « Iki CEO Bir Araya Gelmemeliydik », enchaîne des scènes courtes, centrées sur les acteurs, avec des dialogues frontaux et un montage très serré. Inter Medya ne recompose pas simplement ses feuilletons : les scénarios et les tournages sont pensés dès le départ pour ce format, avec l’objectif d’atteindre à terme une cadence de six à dix microdramas produits chaque mois. Un pari économique sur le Duanju Inter Medya reste un fournisseur de contenus, et non une application grand public. Ses microdramas sont proposés à la fois aux applis spécialisées et à ses clients historiques, chaînes et plateformes, qui cherchent des formats courts pour leurs services et leurs réseaux sociaux. Pour mesurer le potentiel de ce marché en forte croissance, la société s’appuie notamment sur les analyses de Vitrina, une plateforme qui suit les catalogues, les deals et les tendances économiques de l’audiovisuel mondial. Si cette stratégie fonctionne, le microdrama vertical deviendra une brique durable à côté des feuilletons qui ont fait la réputation internationale d’Inter Medya. Sources : • ContentAsia , 2 octobre 2025 • BroadcastPro ME , 2 octobre 2025 • Vitrina , 21 octobre 2025 • C21Media , 20 novembre 2025

  • Construire un espace panafricain du vertical : la vision d’Ebuka Njoku

    Dans un échange mené par la journaliste Blessing Azugama, le cinéaste nigérian Ebuka Njọkụ, connu pour son film « Yahoo+ », décrit avec précision un paysage audiovisuel africain en pleine transition. Il y raconte comment les usages mobiles, l’énergie créative du Nigeria et l’arrivée d’une nouvelle génération de réalisateurs ouvrent la voie à un véritable écosystème panafricain du Duanju. Ebuka explique que le vertical fait déjà partie du quotidien en Afrique : sketches comiques, petites fictions sur TikTok, formats courts qui circulent de Lagos à Nairobi. Le continent ne manque pas de créateurs actifs, mais il rappelle qu’« il n’existe pas encore de plateforme où l’on peut voir uniquement des dramas verticaux ». Une telle structure permettrait de rassembler les productions du Nigeria, du Ghana, du Kenya, d’Afrique du Sud ou d’Égypte dans un espace cohérent et accessible. Il souligne également que le Nigeria bénéficie d’un avantage important : des coûts de production très bas pour un niveau technique solide. Avec un budget modeste selon les standards occidentaux, il est possible de produire une œuvre verticale de qualité. Les défis qui demeurent concernent surtout la formation et la technique : améliorer le son, adapter les équipes aux exigences du 9:16, renforcer les collaborations internationales pour stabiliser la qualité. Dans ce contexte, une plateforme panafricaine ne serait pas seulement un marché du court format : ce serait une nouvelle manière de structurer et partager les récits du continent. Ebuka évoque aussi l’importance d’un modèle économique adapté aux réalités africaines. Les plateformes internationales rencontrent des limites, notamment parce que, comme il l’explique, « consommer de la data et payer pour accéder à un contenu peut être très difficile ». Une offre pensée pour le mobile peut en revanche mieux correspondre aux usages du public. Selon lui, l’avenir passe par un double accès : une version gratuite financée par la publicité et une version payante légère pour ceux qui souhaitent une navigation sans interruption. Il souligne enfin un élément essentiel de son approche créative : l’influence de l’Afrobeats, un courant musical nigérian mêlant rythmes africains, percussions électroniques et énergie urbaine. Cette musique façonne, dit-il, des récits dynamiques, fragmentés, construits pour capter l’attention en quelques secondes. Le vertical s’accorde naturellement à cette esthétique et à la manière dont une génération entière consomme l’image. Entretien mené par Blessing Azugama. #BlessingAzugama

  • Tracer un cadre, raconter le monde : des peintures rupestres à l’écran vertical

    L’évolution des cadrages et des formats en peinture. Depuis l’art des grottes, il s’est agi pour l’humain de délimiter ce qu’il voulait reproduire. Mais chaque figure de cette lointaine époque nous semble aujourd’hui posée sans ordre parmi d’autres. Avec la naissance de l’agriculture et donc de l’organisation des champs cultivés, la surface dessinée ou sculptée commença à respecter une certaine géométrie. Quant à la peinture, les premières traces, antiques, qui nous en restent sont des fresques appliquées sur les murs ou les tombeaux, parfois sur des rouleaux, puis plus tard aux murs des églises ou sur des panneaux de bois visant à décorer les autels de ces lieux de culte. Cela impliquait bien sûr que le format ne provienne pas d’une décision artistique mais se conforme simplement à la surface qui lui était attribuée. On vit aussi alors les premières manifestations de petits formats, en décoration, souvent admirable, des pages de livres religieux. Après le Moyen Âge, les formats ont commencé à se préciser et le cadre à se distinguer du tableau lui-même. On notera que la peinture sur chevalet permettra de généraliser des tailles petites ou moyennes, tandis que l’arrivée de la toile, allégeant l’ensemble, favorisera la mobilité des œuvres. Le développement des académies d’art et de la circulation des oeuvres conduira à la définition de dimensions plus précises, selon les genres. La « modernité », à partir du XXè siècle, se fonda sur l’idée de remise en cause permanente de l’acquis et sur la nécessité de l’innovation constante, d’où la disparition -pour le meilleur et pour le pire- de toute règle, et donc la possibilité de pratiquer toutes les tailles voire même l’irrégularité du format ! Dans l'article « De l’écran large à l’écran de poche » , nous étudions avec l'exemple du cinéma, que la production contemporaine d'images, sous toutes les formes, est aussi l'héritière de ce que nous venons de décrire. Article rédigé par Jean-Marie Sanjorge #JeanMarieSanjorge

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