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126 résultats trouvés avec une recherche vide

  • DramaShorts, l’ambition du cinéma vertical

    Invité au Short Drama Forum 2025, organisé par Wenwen Han, Leonid Ovdiienko, fondateur de l’application DramaShorts, a partagé sa vision d’un marché en pleine effervescence. Leo Ovdiienko a d’abord lancé Alpha Novel, une place de marché dédiée aux romans en ligne. Très vite, il a observé la montée en puissance des micro-dramas, particulièrement sur le marché américain. L’équipe a alors décidé d’adapter ses livres en films courts pensés pour l’écran vertical. DramaShorts a commencé à produire en Europe avant de s’étendre aux États-Unis et en Ukraine. Aujourd’hui, la société revendique un catalogue en croissance rapide et poursuit un objectif clair : atteindre le top 3 mondial des plateformes de short dramas dès cette année. Pour Leo Ovdiienko, le format vertical représente une nouvelle frontière du cinéma : accessible, rapide et mondial. Les productions de DramaShorts misent sur la diversité des équipes et des territoires, afin de séduire un public international. Chiffres de la plateforme au 3 septembre 2025 : l’application DramaShorts dépasse les 500 000 téléchargements sur Google Play. La chaîne YouTube rassemble près de 180 000 abonnés, tandis qu’Instagram en réunit environ 330 000. Sur Facebook, la communauté atteint 340 000 abonnés. Enfin, sur TikTok, le compte principal compte environ 50 000 abonnés. Entretien mené par Wenwen Han. Découvrez sa chaine Youtube . #WenwenHan

  • Ömer Abacıoğlu, bâtisseur d’un pont entre la Turquie et le monde du Duanju avec ReelPix

    Dans un bureau d’Istanbul, Ömer Abacıoğlu parle avec une énergie tranquille de la révolution en cours dans l’audiovisuel. Ce développeur de ReelPix, nouvelle plateforme de courts métrages verticaux, est convaincu qu’un nouveau langage narratif est en train de s’imposer, à la croisée de la télévision turque et de la consommation mobile mondiale. Il s'est exprimé lors d’un entretien avec Wenwen Han dans le cadre d’un événement de la « Short Drama Forum 2025 » . Du parcours télévisuel à l’univers mobile Après plus de dix ans dans l’industrie télévisuelle, avec une expérience solide en Russie et en Turquie, Ömer Abacıoğlu a choisi de mettre son double ancrage culturel au service d’un projet international. Sa vision repose sur une idée simple : relier les codes de la série télévisée traditionnelle à l’exigence d’immédiateté propre aux contenus mobiles. Pour lui, le succès viral des fictions courtes repose sur trois piliers. La psychologie, d’abord, qui transforme chaque épisode en “fast-food pour le cerveau”, offrant une gratification émotionnelle immédiate. La technologie, ensuite, puisque ces formats sont conçus pour être regardés partout, même sans son, sur un simple smartphone. Enfin, l’engagement social, moteur central : les cliffhangers permanents déclenchent conversations, partages et discussions en ligne. Expérimentations en Turquie Avec ReelPix, Ömer Abacıoğlu veut dépasser l’image d’un divertissement léger. Sa nouvelle production turque, New Boss, s’aventure dans le territoire du thriller corporate. Inspirée des feuilletons turcs qui durent parfois deux heures par épisode, la série réinvente cette densité dramatique dans un format vertical et beaucoup plus court. Le pari est clair : démontrer que les spectateurs sont prêts pour des récits plus complexes, portés par une qualité de production élevée. L’ambition d’Ömer Abacıoğlu dépasse la simple adaptation de recettes existantes. À travers ReelPix, il imagine une passerelle entre deux mondes : celui de la télévision classique et celui du mobile-first. Un terrain d’expérimentation où le savoir-faire narratif turc rencontre les nouvelles habitudes d’un public global. Entretien mené par Wenwen Han. Découvrez sa chaine Youtube . #WenwenHan

  • L’Inde en éclaireur du duanju : le regard de Sanidhya Narain

    Lors de la table ronde « Short Drama Forum 2025 » organisée par Wenwen Han, Sanidhya Narain a partagé son expérience et sa vision du marché indien des fictions mobiles. Co-fondateur de Dashverse, un service de divertissement axé sur le mobile avec des produits comme DashReels, il incarne une génération d’entrepreneurs qui façonnent directement l’avenir du format. Un marché colossal et jeune Pour Sanidhya Narain, l’Inde dispose d’un atout incomparable : une population extrêmement jeune, massivement connectée au smartphone. Les habitudes de consommation évoluent vite, et les spectateurs réclament des formats adaptés à un usage quotidien, fragmenté et immersif. Le duanju répond parfaitement à ce besoin. Avec Dashverse et ses déclinaisons comme DashReels, Sanidhya explore déjà de nouvelles manières de raconter. Il insiste sur la capacité des créateurs indiens à tester des narrations inédites, à jouer avec la verticalité et à imaginer des intrigues calibrées pour la vitesse de consommation. Là où certains marchés hésitent, l’Inde ose, cherchant les modèles qui fonctionneront demain à grande échelle. Au-delà du marché intérieur, Sanidhya voit dans le duanju une opportunité de dialogue entre cultures. Les histoires locales, dit-il, peuvent voyager et rencontrer d’autres publics si elles trouvent les bons relais de diffusion. L’Inde, laboratoire narratif, pourrait ainsi devenir un acteur clé dans l’essor international du format. À travers ses propos, c’est le profil d’un entrepreneur passionné qui se dessine, attentif à l’évolution des usages et convaincu que le duanju n’est pas une mode passagère mais une nouvelle grammaire audiovisuelle. Entretien mené par Wenwen Han. Découvrez sa chaine Youtube . #WenwenHan

  • « L’Europe a un rôle à jouer dans le Duanju mondial » Victor Potrel, TheSoul Publishing

    Interviewé par Wenwen Han dans le cadre de la table ronde organisée par la Short Drama Alliance, Victor Potrel, directeur de la stratégie externe chez TheSoul Publishing, incarne une nouvelle génération de stratèges du contenu. Basé à Londres, il observe de près la montée du short drama ces fictions ultra-courtes et verticales qui redessinent les usages vidéo sur mobile. Pour lui, ce format n’est ni une déclinaison miniature du cinéma, ni une tendance passagère, mais un langage à part entière, avec ses propres règles, sa grammaire et son économie. Selon Victor Potrel, le short drama s’impose comme un terrain d’innovation autant qu’un laboratoire industriel. « Ce n’est pas une version courte du long format, c’est un autre langage », explique-t-il. TheSoul Publishing, déjà connu pour sa production massive de contenus numériques multilingues, applique à ce nouveau champ une méthodologie issue de l’industrie digitale : tests rapides, itération créative et analyse fine de la réception. L’objectif n’est pas seulement de produire plus, mais de comprendre ce qui retient l’attention sur un écran vertical. L’entreprise a d’ailleurs lancé sa propre application, SHRT, dédiée aux séries de 1 à 2 minutes, afin d’expérimenter en continu les préférences de son audience mondiale. Dans un écosystème aujourd’hui largement dominé par les plateformes et les studios chinois, cette approche positionne TheSoul Publishing comme l’un des rares acteurs européens capables de dialoguer à armes égales. Victor Potrel évoque un “espace à conquérir” entre les récits culturels locaux et la narration globale : un terrain où le court format peut transcender les langues et les frontières. Derrière la compétition apparente se joue une forme d’émulation créative : comment adapter l’intensité émotionnelle et le rythme narratif du duanju à des sensibilités européennes ? Pour Potrel, la réponse passe par la structuration, non par la copie. Industrialiser la créativité courte ne revient pas à la standardiser : c’est organiser les conditions pour que les histoires puissent circuler à grande vitesse sans perdre leur singularité. Une ambition qui rejoint, à sa manière, celle de la Short Drama Alliance : faire du format un langage universel, capable de relier des industries et des imaginaires autrefois séparés. Entretien mené par Wenwen Han. Découvrez sa chaine Youtube . #WenwenHan

  • Vertifilms, le festival qui a cru au vertical avant TikTok

    En 2016, à Prague, alors que TikTok n’existe pas encore et que le vertical est encore vu comme une erreur de cadrage, Krystof Safer crée Vertifilms, un festival entièrement dédié aux films tournés en 9:16. Entretien avec Krystof Safer, fondateur du festival Vertifilms, réalisé par Wenwen Han. Pour lui, un film vertical est d’abord une œuvre pensée pour le smartphone tenu à la verticale, sans renoncer aux codes du cinéma classique. Les films sélectionnés à Vertifilms sont tournés avec une vraie équipe, un travail de montage et d’étalonnage, des génériques complets. La seule différence se joue dans le cadre, pas dans l’ambition artistique. Très vite, le festival reçoit des œuvres venues du monde entier : clips, documentaires, fictions courtes tournés en Europe, en Asie ou en Amérique latine. Certains réalisateurs s’amusent à détourner les contraintes du format, en jouant sur la hauteur des corps, l’architecture ou des compositions en plusieurs bandes. Vertifilms invente aussi des lieux de projection adaptés au 9:16, comme cette église étroite et très haute de Prague transformée en salle verticale, pour montrer que le format peut exister ailleurs que dans le flux des réseaux sociaux. Pour Krystof Safer, cette expérience prouve qu’un film vertical peut être présenté comme n’importe quel autre film : en salle, devant un public, dans un contexte de rencontres et de débats, avec le même sérieux qu’un festival de cinéma traditionnel. Relier l’Europe à la vague des microdrames asiatiques Au fil des années, son intuition est confirmée par ce qui se passe en Asie, où les short dramas explosent et transforment le téléphone en véritable télévision de poche. Des plateformes chinoises, coréennes ou japonaises structurent un marché du microdrame, avec des budgets, des formats et des modèles économiques dédiés. Ce que Vertifilms expérimentait côté auteur devient là-bas une industrie à part entière. Dans l’entretien avec Wenwen Han, Krystof Safer observe que de nombreux créateurs occidentaux aiment tourner en vertical pour les réseaux sociaux, mais souhaitent désormais raconter des histoires plus longues, avec des personnages, des arcs narratifs et des saisons. Vertifilms a servi de laboratoire à ces envies, en offrant un espace de visibilité à des projets qui dépassent la simple “vidéo jetable”. Reste le défi européen : un continent fragmenté en langues, habitudes de visionnage et marchés nationaux, où les sous-titres sont parfois illisibles sur de petits écrans. Krystof Safer se montre cependant optimiste. Selon lui, les outils de traduction et de doublage assistés par l’IA vont faciliter la circulation des séries asiatiques vers le public occidental, à condition que les histoires soient fortes. Après avoir défendu le vertical bien avant TikTok, Krystof Safer veut désormais se positionner comme un relais entre créateurs occidentaux et écosystème des microdrames asiatiques, en capitalisant sur l’expérience accumulée avec Vertifilms. Entretien mené par Wenwen Han. Découvrez sa chaine Youtube .  #WenwenHan

  • Scott Brown : « Les spectateurs veulent des histoires, pas du contenu »

    Interviewé par la journaliste Wenwen Han, Scott Brown revient sur son passage du monde YouTube au format vertical, un terrain qu’il considère aujourd’hui comme l’un des plus stimulants du paysage numérique américain. Pendant des années, il a accompagné des créateurs parmi les plus influents, observant de près l’évolution des usages. Désormais, il voit dans le short drama une mutation profonde du rapport aux récits sur mobile. Scott Brown explique que le public américain ne cherche plus seulement des personnalités, mais des histoires structurées pour le mobile. Il résume cette bascule ainsi : « Les spectateurs veulent de la fiction, pas juste du contenu. Le vertical devient l’endroit où ces histoires trouvent leur rythme naturel. » Cette approche l’a conduit à développer The Diamond Rose , sa première série pensée exclusivement pour l’écran de téléphone, avec un objectif clair : tester ce que peut produire le vertical lorsqu’il est conçu avec une méthodologie de studio. Avant même de tourner, Scott Brown a écrit plusieurs séries complètes pour comprendre ce qui fonctionne dans ce format rapide. Selon lui, l’efficacité du vertical repose sur l’anticipation et le rythme. « Le format t’oblige à être précis. Tu dois savoir exactement pourquoi chaque seconde existe », confie-t-il. Cette phase d’écriture intensive lui permet d’ajuster ses projets avant la production, dans un marché américain où la monétisation du short drama reste encore en construction. Brown observe également que les acteurs traditionnels du cinéma et de la télévision commencent à s’intéresser au vertical, non comme une tendance passagère, mais comme un nouvel espace narratif. Pour lui, la suite dépendra de la capacité des créateurs à structurer leurs œuvres, tester leurs idées et adapter leurs séries aux réactions du public. Entretien mené par Wenwen Han. Découvrez sa chaine Youtube . #WenwenHan

  • En Chine, les acteurs de Duanju deviennent des stars du divertissement

    Les Duanju deviennent un phénomène que la télévision chinoise ne peut plus ignorer. Leur explosion sur mobile a fait émerger une nouvelle génération d’acteurs, suivis par des millions de spectateurs, au point d’être désormais invités dans des programmes de divertissement grand public. Cette visibilité marque une étape clé : les duanju ne sont plus un format périphérique. L’émission « Kai Bo ! Duanju Season » est la première à installer les micro-fictions au cœur d’un véritable plateau télé. Pensée comme un hybride entre concours, variété et mini-séries, elle met en scène des acteurs de duanju qui rejouent des extraits, improvisent, participent à des défis ou réagissent en direct aux scènes tournées. Le programme transforme un format en un spectacle collectif, rythmé, pensé pour une audience familiale. Cette transposition du duanju vers la télévision de divertissement révèle son pouvoir d’attraction auprès du grand public. Les coulisses de l’émission jouent également un rôle dans la construction de ces nouvelles vedettes. Les séquences backstage, largement diffusées et commentées, montrent les acteurs en préparation, en répétition ou en interaction avec l’équipe. Elles participent à leur transformation en figures médiatiques à part entière : non seulement interprètes de personnages, mais personnalités suivies et identifiées. Cette mise en lumière renforce le statut du duanju comme vivier de talents. L’émission a atteint 62 millions de foyers et près de 100 millions de vues en ligne, des chiffres habituellement réservés aux grandes émissions de divertissement en Chine. Elle propose également 26 performances inspirées de films et de séries populaires, un choix stratégique qui attire non seulement les amateurs de duanju, mais aussi le public plus large déjà familier de ces œuvres. En s’appuyant sur des références connues, l’émission crée un effet de reconnaissance immédiate et élargit son audience au-delà des spectateurs habituels des micro-fictions. Source : • China Daily , 20 janvier 2025.

  • En Inde, Balaji Telefilms passe au duanju avec Story TV, déjà 10 millions d’utilisateurs

    Attention : Application à ne pas confondre avec la plateforme française du même nom qui est portée par le studio indépendant StudioQuinze. Il s’agit ici d'une application indienne de micro-dramas appartenant au groupe Eloelo. À ce jour, aucun lien capitalistique ou éditorial n’est établi entre ces deux plateformes, qui évoluent dans des pays et des écosystèmes différents. En Inde, où les grandes sagas télévisées ont longtemps rythmé les soirées des familles, un changement de format se prépare. Balaji Telefilms, connu pour ses feuilletons au long cours, s’oriente vers une nouvelle manière de raconter : des micro-dramas d’une minute, conçus spécialement pour l’écran vertical du smartphone. Cette évolution passe par la production de contenus destinés à Story TV, une application indienne de micro-fictions consommées en défilement continu, dans un langage narratif extrêmement condensé. Quand le feuilleton traditionnel s’adapte Balaji Telefilms explore un territoire radicalement différent de ses formats habituels. Les intrigues familiales, marque de fabrique du studio, doivent désormais tenir en une minute et maintenir l’attention dans un flux qui s’apparente à celui des reels. Pour les équipes créatives, l’enjeu est de repenser la mise en scène, de condenser les émotions, et d’installer des retournements narratifs. Story TV, qui dépasse déjà les dix millions d’utilisateurs, fournit un environnement entièrement pensé pour ces formats verticaux natifs. Son catalogue se développe rapidement, avec des centaines de micro-dramas ciblant une audience jeune, mobile-first, peu attachée aux épisodes de longue durée. Balaji Telefilms y voit l’opportunité d’expérimenter de nouveaux modèles de production, capables de toucher une génération qui consomme les histoires par fragments. Un marché en formation Le mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large : l’émergence d’un marché indien du micro-drama estimé à plusieurs milliards de dollars dans les prochaines années. L’essor des usages mobiles, combiné à la demande croissante de formats courts, pousse les acteurs locaux à structurer une nouvelle chaîne industrielle dédiée au vertical. Story TV s’aligne sur cette trajectoire avec une stratégie de croissance ambitieuse : atteindre cent millions d’utilisateurs, produire plus de 800 micro-dramas par an et développer un modèle de monétisation inspiré des réseaux sociaux. Pour Balaji Telefilms, l’enjeu est de trouver un relais de croissance en dehors de la télévision traditionnelle, tout en capitalisant sur son expertise du feuilleton. Si le marché du duanju indien se structure effectivement à la hauteur des prévisions, la transition vers le vertical pourrait devenir un pilier stratégique pour les grands studios historiques. Découvrir l'application : Google play / App Store Sources : • The Economic Times , 6 octobre 2025 • Business Standard , 6 octobre 2025 • Vitrina.ai , octobre 2025 • Afaqs , 4 novembre 2025

  • Ben Pengilly s’autoproclame pionnier de la fiction verticale européenne

    Ben Pengilly, producteur britannique spécialisé dans les mini-séries au format vertical, a récemment publié sur LinkedIn un message où il affirme avoir réalisé « the first ever vertical in Europe ». Autrement dit, il se présente comme pionnier du genre à l’échelle du continent. Peut-être a-t-il simplement confondu Royaume-Uni et Europe, mais cette assertion mérite d’être remise en perspective. L’expansion du vertical drama (ou duanju) en Europe n’est pas l’œuvre d’un seul homme, mais résulte d’une constellation d’initiatives parallèles menées dans plusieurs pays, souvent sans coordination, mais avec la même intuition : le téléphone portable allait devenir un écran de fiction à part entière. Non sans froisser nos amis d’outre-Manche, la France et l’Ukraine font partie des premiers terrains d’expérimentation du format duanju en Europe. Dès le printemps 2023, le réalisateur français Guillaume Sanjorge lance sur Facebook une micro-série verticale intitulée Les Aventures avec ma voisine (Next Door Adventure). Cette série engrange rapidement plusieurs centaines de milliers de vues en l’absence de toute plateforme dédiée. En seulement deux extraits publiés sur les réseaux sociaux (avril et juin 2023), elle prouve qu’un public existe. Faute de structure de diffusion nationale à l’époque, la série finira par être distribuée sur une plateforme asiatique en 2025. Dans le même mouvement, les Français Alexandre Perrin et Adrien Cottinaud de Studio Quinze tournent également en vertical dès la fin de l’année 2023, avec des fictions courtes. Là encore, l’enjeu n’est pas de revendiquer un « premier », mais de tester un langage, un découpage et une direction d’acteur adaptés au cadre 9:16, dans un contexte où aucune ligne claire n’est encore tracée en Europe. En parallèle, l’Europe de l’Est joue aussi un rôle décisif dans l’essor du format vertical, au point d’en devenir le moteur économique principal sur le continent. C’est en Ukraine qu’est née la première plateforme européenne dédiée aux duanju : début 2024, la start-up Holywater, fondée par l’entrepreneur Bogdan Nesvit, lance l’application MyDrama. Pensée dès le départ pour un usage mobile, cette plateforme propose un catalogue de séries verticales de deux à trois minutes par épisode, adaptées aux habitudes de visionnage fragmenté des jeunes publics. Le succès est fulgurant : MyDrama conquiert rapidement des centaines de milliers d’utilisateurs et génère plusieurs millions de dollars de revenus annuels dès sa première année. Pour produire à ce rythme, la plateforme s’appuie notamment sur Amo Picture, un studio ukrainien très investi dans le format vertical, qui devient l’un de ses partenaires de production privilégiés. La société DramaShorts, cofondée par l’Ukrainien Leo Ovdiïenko, commence ainsi à produire des vertical dramas en Europe avant de s’étendre aux États-Unis. Ces acteurs adoptent une logique très collaborative : DramaShorts explique s’appuyer sur la diversité des équipes et des territoires pour séduire un public international. Ces plateformes et studios transnationaux témoignent que l’expansion du duanju ne s’est pas jouée dans un seul pays, mais via des efforts simultanés à l’échelle européenne et mondiale. Collaboration plutôt que compétition : un format co-construit L’histoire du vertical drama en Europe n’est donc pas celle d’une compétition pour un titre de « premier », compétition d’ailleurs largement imaginaire, tant le format est apparu quasiment en même temps dans plusieurs endroits sans que les protagonistes ne se concertent. Au contraire, c’est une aventure collective, qui a vu se croiser et coopérer de multiples trajectoires. Plus à l’Est, les entrepreneurs ukrainiens ont apporté l’infrastructure technologique et les financements pour donner au format une véritable plateforme de diffusion de masse. Ailleurs, des auteurs et réalisateurs ont apporté les univers, les acteurs et les récits. En reconnaissant la pluralité des forces en présence, on rend justice aux véritables artisans de cette révolution audiovisuelle : une communauté internationale de créateurs, producteurs et diffuseurs qui, chacun dans leur coin puis de plus en plus en réseau, ont construit pierre par pierre le succès du vertical drama en Europe. Si Ben Pengilly mérite sa part de lumière pour avoir contribué à structurer la production verticale au Royaume-Uni, il est important de replacer son action parmi celles, tout aussi pionnières, de ses homologues. Loin d’une légende du premier arrivé, seul vainqueur, le vertical drama européen est le produit d’un effort collectif, sans lequel le format n’aurait jamais connu une expansion aussi rapide et réussie.

  • La page « Sous le ciel de Paris » prépare sa première série verticale

    Sur Facebook, la page « Sous le ciel de Paris » est devenue un phénomène viral en célébrant la beauté de la capitale française. Elle publie quotidiennement des clichés et vidéos offrant un regard poétique sur Paris : ruelles de Montmartre, quais de Seine au coucher du soleil, intérieurs de cafés historiques... Ces contenus touchent une corde sensible chez les amoureux de Paris et génèrent un engagement massif. Le cliché de la pittoresque Rue de l’Abreuvoir à Montmartre figure parmi les publications populaires de Sous le ciel de Paris, avec des milliers de likes et de partages. Ce succès témoigne de l’engouement du public pour les scènes parisiennes authentiques, qu’il s’agisse de panoramas emblématiques ou d’instantanés insolites capturant l’âme de la ville. À l’origine de « Sous le ciel de Paris », on retrouve Fernando Nakahodo, un curateur brésilien passionné par Paris. Chacune de ses publications est soigneusement choisie ou réalisée pour mettre en valeur un aspect de la capitale : il peut aussi bien partager une photographie d’archive illustrant le Paris d’antan qu’un instantané contemporain révélant la magie d’une rue au petit matin. À travers son œil de passionné, Fernando Nakahodo sublime Paris et transmet son admiration sincère pour la Ville Lumière. Cette approche lui a permis de fédérer une communauté considérable : sa page dépasse aujourd’hui les 300 000 abonnés fidèles. Face à lui se tient Guillaume Sanjorge, producteur audiovisuel français. Investi dans le numérique, Guillaume Sanjorge a été l’un des premiers en France à croire au potentiel du format « Duanju », ces mini-séries conçues pour un visionnage vertical sur mobile. Dès 2023, il initie ce format innovant en produisant des fictions ultra-courtes avec deux premiers épisode qui dépassent 700 000 vues sur facebook. En avril 2025, son travail franchit une étape, Les aventures avec ma voisine  devient la première série française diffusée sur Stardust TV, une plateforme asiatique de référence pour le format vertica. Une première qui a marqué l’entrée de la France dans le catalogue mondial du Duanju. Producteur mais aussi auteur et acteur à l’occasion, Guillaume Sanjorge déterminé à exporter le savoir-faire français en matière de fiction courte et innovante. La rencontre de deux univers C’est donc la rencontre entre Fernando Nakahodo et Guillaume Sanjorge qui donne naissance à un projet inédit : le lancement d’une série originale coproduite et diffusée conjointement sur leurs plateformes respectives. D’un côté, la page Sous le ciel de Paris apportera son vaste public d’admirateurs de la capitale ; de l’autre, Guillaume Sanjorge mobilisera sa capacité de production et ses propres abonnés (environ 10 000 abonnés). L’idée maîtresse est de proposer une fiction brève verticale exploitant l’esthétique parisienne chère à Fernando, tout en profitant de l’expertise narrative de Guillaume dans le format court. Chaque épisode de la série sera diffusé en parallèle sur les deux pages Facebook des créateurs, permettant de multiplier l’audience en réunissant leurs communautés. Cette synergie entre influence digitale et production audiovisuelle illustre une tendance nouvelle : celle de faire vivre des récits originaux directement sur les réseaux sociaux. Sans dévoiler prématurément le contenu de la série en préparation, on sait d’ores et déjà qu’elle prendra place à Paris. Découvrir la page « Sous le ciel de Paris » : Lien

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