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Les grandes tendances du monde des fictions mobiles

Vertifilms, le festival qui a cru au vertical avant TikTok

  • Wenwen Han
  • 18 nov. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 déc. 2025

En 2016, à Prague, alors que TikTok n’existe pas encore et que le vertical est encore vu comme une erreur de cadrage, Krystof Safer crée Vertifilms, un festival entièrement dédié aux films tournés en 9:16. Entretien avec Krystof Safer, fondateur du festival Vertifilms, réalisé par Wenwen Han.



Pour lui, un film vertical est d’abord une œuvre pensée pour le smartphone tenu à la verticale, sans renoncer aux codes du cinéma classique. Les films sélectionnés à Vertifilms sont tournés avec une vraie équipe, un travail de montage et d’étalonnage, des génériques complets. La seule différence se joue dans le cadre, pas dans l’ambition artistique.


Très vite, le festival reçoit des œuvres venues du monde entier : clips, documentaires, fictions courtes tournés en Europe, en Asie ou en Amérique latine. Certains réalisateurs s’amusent à détourner les contraintes du format, en jouant sur la hauteur des corps, l’architecture ou des compositions en plusieurs bandes. Vertifilms invente aussi des lieux de projection adaptés au 9:16, comme cette église étroite et très haute de Prague transformée en salle verticale, pour montrer que le format peut exister ailleurs que dans le flux des réseaux sociaux.


Pour Krystof Safer, cette expérience prouve qu’un film vertical peut être présenté comme n’importe quel autre film : en salle, devant un public, dans un contexte de rencontres et de débats, avec le même sérieux qu’un festival de cinéma traditionnel.


Relier l’Europe à la vague des microdrames asiatiques


Au fil des années, son intuition est confirmée par ce qui se passe en Asie, où les short dramas explosent et transforment le téléphone en véritable télévision de poche. Des plateformes chinoises, coréennes ou japonaises structurent un marché du microdrame, avec des budgets, des formats et des modèles économiques dédiés. Ce que Vertifilms expérimentait côté auteur devient là-bas une industrie à part entière.


Dans l’entretien avec Wenwen Han, Krystof Safer observe que de nombreux créateurs occidentaux aiment tourner en vertical pour les réseaux sociaux, mais souhaitent désormais raconter des histoires plus longues, avec des personnages, des arcs narratifs et des saisons. Vertifilms a servi de laboratoire à ces envies, en offrant un espace de visibilité à des projets qui dépassent la simple “vidéo jetable”.


Reste le défi européen : un continent fragmenté en langues, habitudes de visionnage et marchés nationaux, où les sous-titres sont parfois illisibles sur de petits écrans. Krystof Safer se montre cependant optimiste. Selon lui, les outils de traduction et de doublage assistés par l’IA vont faciliter la circulation des séries asiatiques vers le public occidental, à condition que les histoires soient fortes.


Après avoir défendu le vertical bien avant TikTok, Krystof Safer veut désormais se positionner comme un relais entre créateurs occidentaux et écosystème des microdrames asiatiques, en capitalisant sur l’expérience accumulée avec Vertifilms.


Entretien mené par Wenwen Han. Découvrez sa chaine Youtube.

 
 
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