La stratégie « African touch » de Binyuma TV pour le format Duanju
- Blessing Azugama

- il y a 7 jours
- 2 min de lecture
Dans l’écosystème du vertical drama, l’Ouganda voit circuler des séries ultra-courtes venues d’Asie et des États-Unis, mais les fondateurs de Binyuma TV, Edwin Ryonga et Ivan kasagama, partent d’un constat local : l’audience africaine regarde déjà, alors que l’offre panafricaine structurée reste à construire. Leur projet se positionne comme une réponse de plateforme, pensée depuis les usages du continent, avec une ambition de déploiement au-delà du marché ougandais.
Du constat à la plateforme : pourquoi Binyuma TV
Le point de départ est très concret. En observant son entourage, l’un des cofondateurs décrit un format déjà omniprésent à Kampala : « on dirait que tous ceux que je connais, au moins en Ouganda, les regardent, mais personne n’en crée. » L’idée de Binyuma TV naît de cette asymétrie entre consommation et production, et d’une conviction culturelle simple : « Les Africains aiment regarder leur propre contenu. C’est vraiment là que l’idée de Binyuma a commencé à prendre forme. ».
À leurs yeux, le timing est favorable pour une raison structurelle : l’Afrique est un marché phone-first. Si le vertical drama s’est imposé ailleurs, c’est aussi parce qu’il épouse les moments de consommation mobile, rapides, fragmentés et répétables. Dans l’entretien, ils relient ce basculement à ce qu’ils ont observé sur d’autres marchés : en Chine, puis aux États-Unis, le format aurait dépassé des repères de consommation traditionnels, ce qui les incite à prendre le phénomène au sérieux et à le traduire en offre locale.
L’enjeu n’est pas seulement de répliquer un modèle. Ils insistent sur la nécessité de “localiser” le vertical drama, au sens narratif comme au sens culturel. Leur lecture du succès du format repose sur l’intensité dramatique, l’expressivité et des ressorts narratifs immédiatement lisibles. Ils citent des archétypes de romance et de contraste social, un rythme rapide, et surtout une promesse centrale : que se passe-t-il ensuite, tout de suite.
Cette “grammaire” mondiale n’a de valeur, selon eux, que si elle est recadrée par des codes africains. Dans leur formulation, il s’agit de respecter ce qui fonctionne dans l’espace vertical tout en apportant “the African touch”. La plateforme est pensée dans cette logique : donner une forme stable à une demande déjà visible sur les réseaux, mais en la transformant en contenu et en catalogue ancrés culturellement.
Binyuma TV se présente d’emblée comme un projet qui vise plus large que son point d’origine. Ils racontent avoir commencé par échanger avec des profils tech, puis par formaliser une approche qui puisse “introduce this to not only the people in Uganda and in Africa”. Autrement dit : une base ougandaise, mais un horizon continental.
Sur les signaux de traction, ils restent prudents mais optimistes. Ils évoquent des retours encourageants de discussions menées avec des acteurs du vertical, et une perception positive quand l’argument de la localisation africaine est compris. Ils mentionnent aussi un indicateur terrain simple : la performance déjà forte des contenus verticaux non fictionnels sur TikTok et Reels, vue comme une preuve d’appétit, avant même la montée en puissance du vertical drama scénarisé.
entretien mené par Blessing Azugama,


