Digital Creator Africa Academy : une école pour structurer le duanju panafricain
- 29 déc. 2025
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Ifeoma “Oma” Areh avance avec une idée : si l’Afrique consomme déjà massivement des récits courts sur mobile, elle doit maintenant se doter d’une méthode et d’une organisation pour produire, structurer et monétiser cette énergie. Avec Elijah Affi, elle cofonde Digital Creator Africa Academy, une plateforme panafricaine pensée pour former la prochaine génération de storytellers numériques spécialisés en microdrama, et combler un manque clé dans l’économie des créateurs africains.
Son point de départ est intime, presque trivial, mais révélateur. Elle le dit sans détour : « Je suis accro à ces histoires. » Traduction : ce n’est pas un goût isolé, c’est un comportement d’audience qui peut devenir une donnée de marché. Pour elle, l’enjeu n’est donc pas de “prouver” que le duanju peut marcher en Afrique, mais de transformer un usage déjà là en filière capable de produire à cadence, avec des standards, et un modèle économique.
Adapter sans copier
Oma Areh refuse la transposition mécanique des recettes chinoises ou occidentales. Les mécaniques du microdrama fonctionnent, mais l’exécution doit s’aligner sur des codes narratifs africains, sur des rythmes, des références et une manière de feuilletonner qui parle au public local. Sa logique consiste à adapter la méthode, pas à recopier la forme.
Digital Creator Africa Academy s’inscrit dans cette approche : une formation “prête pour l’industrie”, des cadres de storytelling reproductibles à grande échelle, et des modèles business pensés pour le marché. Leur ambition commune est de positionner l’Afrique non seulement comme un réservoir de talents, mais comme un moteur mondial de création d’IP numériques originales, capable de rivaliser, de passer à l’échelle et de prendre le leadership dans les nouveaux récits courts et les formats émergents.
Le point dur reste la monétisation. Oma Areh décrit un déséquilibre persistant : l’audience africaine est réelle, parfois massive, mais la confiance des plateformes et la capacité à générer des revenus restent des zones de friction. Elle le résume ainsi : « J’obtiens l’audience, mais quand il s’agit de gagner de l’argent… » Traduction : la valeur économique du public africain est encore sous-estimée, et un modèle importé ne s’ajuste pas automatiquement aux réalités locales.
Dans cette perspective, la formation devient un levier économique autant que créatif. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à raconter en 9:16, mais de produire avec des frameworks scalables, de penser marché, et de bâtir une filière qui rende le microdrama viable, durable, et monétisable.
Inscription : https://www.digitalcreatorafrica.academy/
Entretien mené par Blessing Azugama


