DUANJU NEWS
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- Digital Creator Africa Academy : une école pour structurer le duanju panafricain
Ifeoma “Oma” Areh avance avec une idée : si l’Afrique consomme déjà massivement des récits courts sur mobile, elle doit maintenant se doter d’une méthode et d’une organisation pour produire, structurer et monétiser cette énergie. Avec Elijah Affi, elle cofonde Digital Creator Africa Academy, une plateforme panafricaine pensée pour former la prochaine génération de storytellers numériques spécialisés en microdrama, et combler un manque clé dans l’économie des créateurs africains. Son point de départ est intime, presque trivial, mais révélateur. Elle le dit sans détour : « Je suis accro à ces histoires. » Traduction : ce n’est pas un goût isolé, c’est un comportement d’audience qui peut devenir une donnée de marché. Pour elle, l’enjeu n’est donc pas de “prouver” que le duanju peut marcher en Afrique, mais de transformer un usage déjà là en filière capable de produire à cadence, avec des standards, et un modèle économique. Adapter sans copier Oma Areh refuse la transposition mécanique des recettes chinoises ou occidentales. Les mécaniques du microdrama fonctionnent, mais l’exécution doit s’aligner sur des codes narratifs africains, sur des rythmes, des références et une manière de feuilletonner qui parle au public local. Sa logique consiste à adapter la méthode, pas à recopier la forme. Digital Creator Africa Academy s’inscrit dans cette approche : une formation “prête pour l’industrie”, des cadres de storytelling reproductibles à grande échelle, et des modèles business pensés pour le marché. Leur ambition commune est de positionner l’Afrique non seulement comme un réservoir de talents, mais comme un moteur mondial de création d’IP numériques originales, capable de rivaliser, de passer à l’échelle et de prendre le leadership dans les nouveaux récits courts et les formats émergents. Le point dur reste la monétisation. Oma Areh décrit un déséquilibre persistant : l’audience africaine est réelle, parfois massive, mais la confiance des plateformes et la capacité à générer des revenus restent des zones de friction. Elle le résume ainsi : « J’obtiens l’audience, mais quand il s’agit de gagner de l’argent… » Traduction : la valeur économique du public africain est encore sous-estimée, et un modèle importé ne s’ajuste pas automatiquement aux réalités locales. Dans cette perspective, la formation devient un levier économique autant que créatif. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à raconter en 9:16, mais de produire avec des frameworks scalables, de penser marché, et de bâtir une filière qui rende le microdrama viable, durable, et monétisable. Inscription : https://www.digitalcreatorafrica.academy/ Entretien mené par Blessing Azugama #BlessingAzugama.
- La grille de lecture de Duanju News s’impose dans les médias
Duanju News a relié explicitement binge-watching, speed-watching et montée du format Duanju. Nous étudions ici comment cette grille de lecture a été reprise par des médias français et internationaux, sa chronologie, et pourquoi elle circule aujourd’hui. Contexte : le 25 juillet 2025, Duanju News proposait une idée simple à vérifier, mais difficile à formuler clairement sans prendre du recul : si le binge-watching a normalisé l’enchaînement, le speed-watching en a révélé la logique ultime, optimiser le temps de visionnage. Dans cette trajectoire, le duanju n’est pas un “genre de plus”, mais une réponse formelle et industrielle à la compression du temps disponible. L'article en question : Face à la frénésie du visionnage, le Duanju trace sa voie À partir de là, une question devient intéressante pour les professionnels : quand une grille de lecture est posée avant que le sujet n’explose dans le débat public, comment mesure-t-on sa diffusion ? Une façon robuste est de regarder la chronologie des reprises, uniquement après la date de publication initiale. Chronologie de la reprise en cascade, après le 25 juillet 2025 Le 9 octobre 2025, The Economic Times formule quasiment la même mécanique en une phrase, “binge-watching” et “scrolling habits” comme matrice d’un divertissement “born in China as duanju”, autrement dit une fiction qui s’aligne sur des usages accélérés et continus. Le 13 octobre 2025, Le Figaro explicite l’idée sous forme d’équation addictive, des micro-dramas “dopés par le cumul” de deux pratiques, “binge-watching” et “scrolling”. C’est la reprise la plus directe, car elle met noir sur blanc la double causalité qui mène à un format calibré pour l’enchaînement. Le 13 octobre 2025, Señal News (média professionnel international) décrit une consommation pensée pour des “scroll-and-binge rhythms” et mobilise la notion de “binge curves”, en rapprochant la performance d’audience des microdramas de mécaniques issues du mobile plutôt que de la télévision traditionnelle. On retrouve la même idée fondatrice, la forme narrative se reconfigure pour coller à un usage hybride, scroll plus binge, sans friction. Le 19 décembre 2025, The Guardian illustre la conséquence pratique de cette logique, des épisodes de deux minutes qui s’enchaînent au point d’être avalés en quelques minutes, un binge compressé par construction, rendant presque inutile l’accélération du player. Le 20 décembre 2025, RTL résume le mécanisme en français, “le mix entre le scrolling infini et le binge watching”. Pourquoi cette diffusion compte, et ce que cela dit ? Un fournisseur d’intelligence ne “prédit” pas par intuition. Il formalise tôt une chaîne causale lisible, puis il documente sa validation dans le réel via des reprises vérifiables, datées, et comparables. Ici, la chaîne est stable et se retrouve ensuite dans plusieurs médias. La seconde diffusion, celle des robots IA utilisés par les rédactions Depuis 2024, la pratique journalistique intègre de plus en plus des assistants IA pour explorer un sujet, résumer, cartographier des sources, comparer des angles, et accélérer la recherche. Cela ne remplace pas l’enquête, mais cela change la circulation des analyses, une grille de lecture claire devient immédiatement réutilisable par des outils qui indexent, synthétisent et redistribuent. Dans ce contexte, Duanju News constate, via ses journaux techniques internes, une activité particulièrement soutenue de robots d’indexation et d’agents automatisés sur les sujets liés au duanju, signe que le site n’est pas seulement lu par des humains, mais aussi “ingéré” par les nouvelles chaînes de recherche assistées par IA qui alimentent ensuite professionnels, analystes et rédactions. Ce qui ressort ici, c’est un fait professionnel clair : une lecture structurante a été formulée très tôt, puis reprise, avec les mêmes articulations, par des médias publiés après. Elle circule désormais dans un écosystème où journalistes et outils IA accélèrent la transmission des cadres d’analyse. C’est précisément le rôle d’un fournisseur d’intelligence : produire des grilles de lecture opérantes et en documenter, preuves et chronologie à l’appui, la diffusion. Article rédigé par Guillaume Sanjorge #GuillaumeSanjorge
- TikTok Minis : un projet pour intégrer les Duanju dans l’application
TikTok ajoute un nouveau point d’entrée vers les Duanju : Minis, une section intégrée qui regroupe des mini-programmes, dont des “mini dramas” en 9:16 et pour le visionnage en rafale. L’objectif est de permettre au public de découvrir, regarder et payer sans franchir la barrière habituelle du téléchargement d’une application dédiée, du compte à recréer, ou du paiement hors plateforme. Point important pour les publics occidentaux : à ce stade, il ne s’agit pas d’une nouvelle app à installer, mais d’une fonctionnalité interne à TikTok. D’après Business Insider, TikTok a ajouté cette section de manière discrète, avec un déploiement progressif. En pratique, cela signifie que l’accès peut ne pas être visible pour tous les comptes en même temps, selon les marchés et selon l’activation côté TikTok. Quand Minis est disponible, l’utilisateur ouvre TikTok comme d’habitude et accède à une section Minis qui agrège à la fois des mini-jeux et plus d’une douzaine d’apps de mini dramas, sans sortie d’application. Dans Minis, TikTok met en avant des mini-programmes intégrés qui hébergent des expériences et contenus directement dans l’application, avec un sous-ensemble consacré aux micro-dramas. Concrètement, l’utilisateur enchaîne des épisodes très courts, feuilletonnants, construits sur les mêmes mécaniques que les apps de micro-drama : romances, trahisons, fantastique, et cliffhangers à intervalles serrés. Cette intégration répond à un problème de conversion bien connu : une part importante de l’audience découvre les micro-dramas sur les réseaux sociaux, mais la monétisation se fait surtout dans des apps séparées, ce qui crée une friction au moment où l’intérêt est le plus fort. TikTok vise explicitement la réduction de cette friction, en gardant le spectateur dans son environnement de confiance, et en lui proposant un parcours de visionnage et de paiement plus natif. Un modèle qui veut garder le paiement à l’intérieur Le signal économique le plus clair est l’incitation tarifaire : dans Minis, certaines offres affichent environ 10 % de réduction quand l’utilisateur paie via TikTok, plutôt que de basculer vers l’app externe. TikTok teste aussi, selon des producteurs interrogés, des schémas de licence pouvant aller jusqu’à 10 000 dollars par série, assortis d’un partage de revenus publicitaires pour des épisodes publiés gratuitement sur la plateforme. En filigrane, la plateforme arbitre entre deux objectifs : capter la valeur du paiement et capter le temps passé. Le premier prolonge la logique “tout dans TikTok” déjà consolidée par TikTok Shop. Le second augmente l’inventaire publicitaire et la rétention. Pour les studios et opérateurs de micro-dramas, l’offre est ambivalente : une exposition potentiellement massive et un coût d’acquisition réduit, mais un risque de cannibalisation de la monétisation directe si la rémunération (licence + partage publicitaire) ne compense pas des budgets de production qui se situent souvent entre 100 000 et 300 000 dollars pour un film vertical complet. Le mouvement s’inscrit aussi dans une logique d’importation de modèle : ByteDance, la maison mère de TikTok, a déjà fait ses preuves en Chine avec des micro-dramas consommés de manière native dans l’écosystème Douyin. TikTok tente désormais d’en proposer une déclinaison sur les marchés occidentaux avec Minis, en gardant l’utilisateur dans l’application au moment clé du visionnage et du paiement. L’enjeu est de capter une part d’un marché des micro-dramas hors Chine estimé à environ 3 milliards de dollars sur l’année, dans un contexte où les plateformes cherchent à verrouiller à la fois la découverte, le visionnage et la transaction. Source : Business Insider , December 26, 2025
- Kristy Wang : « Si vous n’arrivez pas à capter l’attention du public, la série est terminée »
Wenwen Han a rencontré Kristy Wang, productrice basée à Los Angeles et fondatrice de Tiklatam, pour analyser comment le short drama s’est imposé comme l’un des formats clés de l’après-pandémie et pourquoi il structure désormais une nouvelle économie du divertissement mobile. Pour Kristy Wang, le point de départ est un changement d’usage profond. Après la pandémie, le temps de loisir s’est fragmenté et le téléphone est devenu l’écran principal. Le short drama s’inscrit directement dans cette réalité : des épisodes très courts, pensés pour être regardés n’importe où, sans engagement long. « Tout le monde veut regarder des contenus courts sur son téléphone » , résume-t-elle. Cette contrainte modifie radicalement l’écriture et la production. Là où les séries traditionnelles peuvent installer leur récit sur plusieurs épisodes, le short drama impose une efficacité immédiate. Kristy Wang insiste sur l’importance des premières minutes : « Si vous n’arrivez pas à capter l’attention du public dans les dix premiers épisodes, la série est terminée. » Le développement du format en espagnol s’impose aussi naturellement. Selon Kristy Wang, le short drama s’appuie sur une culture déjà très familière des récits mélodramatiques, tout en répondant à des usages plus jeunes et plus mobiles que ceux de la télévision traditionnelle. Dans ce contexte, TikTok joue un rôle central. Pour Kristy Wang, la plateforme est aujourd’hui le principal moteur de découverte et de trafic organique. Elle permet de tester des contenus et de mesurer rapidement l’intérêt du public. « C’est aujourd’hui le moyen le plus efficace pour obtenir du trafic organique » , explique-t-elle. Enfin, Kristy Wang ne considère pas le short drama comme un concurrent destiné à remplacer le cinéma ou la télévision. Elle anticipe plutôt une phase de convergence. Les acteurs traditionnels, selon elle, chercheront à collaborer avec ce format. « Ils vont forcément trouver un moyen de collaborer » , affirme-t-elle. Entretien mené par Wenwen Han. Découvrez sa chaine Youtube . #WenwenHan
- Magali Semetys, l'actrice française de télévision se met aux fictions Duanju
Dans l’écosystème du nouveau format « Duanju », certaines trajectoires comptent autant que les séries elles-mêmes. Magali Semetys fait partie de ces comédiennes française dont l’expérience apporte de la crédibilité à une écriture encore en train de se construire. Habituée aux rythmes de la télévision et à l’exigence du cinéma, elle déplace son savoir-faire vers une narration verticale plus brève et plus frontale, où l’interprétation doit être immédiatement lisible, et où chaque intention, chaque regard, chaque silence devient un levier. Magali Semetys s’est construite dans un registre familier au public français, avec des séries populaires au long cours et des rendez-vous réguliers à la télévision, capables d’installer durablement un personnage dans le quotidien des spectateurs. Cette expérience devient un atout particulier lorsque le récit se contracte et que tout doit se jouer plus vite. Le cinéma, de son côté, lui a appris une autre densité : faire exister un rôle sur la durée d’un film, avec une précision différente, qui vise le grand écran. En 2024 et 2025, Magali Semetys a assisté aux deux premières soirées de projection publiques organisées par l’association Studio Phocéen à Paris, qui présentaient ce format pour la première fois en France, le 23 novembre 2024 puis le 14 juin 2025 . Sa présence à ces deux rendez-vous accompagne la mise en visibilité d’un format encore nouveau pour le public français. Aujourd’hui, Magali Semetys participe à deux séries au format Duanju. Dans Miliciens , elle incarne une inspectrice de police chargée d’interroger les héros principaux : un rôle de tension et de confrontation, conçu pour faire surgir rapidement des contradictions, pousser les personnages à se découvrir et faire avancer l’intrigue sous pression. Voir la série : Lien Dans Ambre , elle joue la sœur d’un homme marqué par la disparition de la femme qu’il aimait. Plus ambigu, plus intérieur, ce personnage détient certaines informations sur la disparition et entretient l’idée d’une vérité incomplète. Voir la série : Lien Deux registres différents, mais une même fonction narrative : être un point de bascule, celui qui oblige les protagonistes à se positionner et relance le récit. Pour en savoir plus sur Magali Semetys, découvrez l’interview podcast par Maëlle Billant, où elle revient sur son parcours.
- Shorties Studios, un nouveau studio international dédié au format duanju
Shorties Studios est un nouveau studio international né de l’association de trois professionnels issus de la fiction premium et de la télévision. Leur point commun est d’avoir occupé des postes de direction dans de grandes structures audiovisuelles avant de décider de travailler ensemble sur un projet centré exclusivement sur les séries courtes en format vertical. Le projet réunit Kelly Luegenbiehl, ancienne dirigeante des séries originales de Netflix pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, Onur Güvenatam, fondateur du studio turc OGM Pictures reconnu pour l’exportation internationale de ses fictions, et Jon Koa, ex-dirigeant de CBS aux États-Unis. Tous trois ont évolué dans des environnements où la logique de formats, d’audience et de diffusion internationale est centrale. Leur collaboration repose sur une analyse partagée de l’évolution du marché. Ils estiment que la fiction verticale courte ne peut plus être pensée comme une simple adaptation du format long, mais comme un champ narratif autonome nécessitant des méthodes spécifiques de développement et de production. Leur objectif est de réunir l’expertise du streaming mondial, de la fiction internationale et de la télévision américaine au sein d’un même studio. Implanté à Los Angeles, Londres et Istanbul, Shorties Studios se positionne comme un acteur capable de dialoguer avec les plateformes de streaming, les réseaux sociaux et les marques, tout en conservant une logique de production structurée et internationale. Le lancement du studio illustre la manière dont des profils issus de l’audiovisuel traditionnel investissent désormais le microdrama comme un secteur stratégique à part entière. Sources • Deadline , 25 novembre 2025 • C21Media , 26 novembre 2025 • Señal News , 27 novembre 2025 • EpisodeMag , 26 novembre 2025
- Akolade Bamidele : écrire pour le format Duanju, une école de rigueur narrative
La journaliste Blessing Azugama a rencontré Akolade Bamidele, scénariste nigériane qui écrit des fictions en format vertical, pour évoquer ce que le duanju change concrètement dans l’écriture, la manière de capter l’attention et les perspectives qu’il ouvre sur le continent africain. À ses yeux, le duanju n’est pas un simple format contraint par la durée ou par l’écran du téléphone. C’est avant tout une opportunité pour les auteurs qui acceptent d’en respecter les règles. « Si vous savez écrire pour le format vertical, vous êtes prêts à écrire n’importe quel scénario » , explique-t-elle. L’écriture verticale impose une rigueur immédiate : chaque scène doit produire un effet, chaque dialogue doit servir la progression du récit, de l’ouverture jusqu’au suspense final. Écrire pour le mobile commence, selon elle, par une question centrale : que ressent le personnage dans cette scène, et pourquoi le public devrait-il s’y intéresser. Cette réflexion émotionnelle précède toute construction technique. Une fois cette base posée, l’épisode est structuré avec précision, en passant par l’ouverture, la montée de tension, puis le basculement émotionnel qui pousse le spectateur à vouloir voir la suite. Tout ce qui n’apporte rien à l’histoire est éliminé. Cette exigence s’est imposée à elle à travers une expérience déterminante. Sur un scénario de type mafia qu’elle pensait rythmé, les retours ont été sans appel : l’histoire était trop lente et n’avançait pas. Elle a dû reprendre l’écriture depuis le début. « Je pouvais avoir l’impression que l’histoire allait vite, mais si le spectateur n’a pas envie de lancer l’épisode suivant, alors ça ne fonctionne pas » , confie-t-elle. Depuis, elle relit systématiquement ses scènes pour vérifier qu’elles font avancer l’intrigue ou révèlent un élément essentiel des personnages. Dans le cas contraire, elles sont supprimées. Cette discipline narrative n’empêche pas l’ancrage culturel, bien au contraire. Akolade Bamidele insiste sur l’importance d’écrire des histoires connectées aux réalités africaines, aux émotions du quotidien et aux contextes locaux. Pour elle, la créativité consiste à raconter des récits qui parlent directement aux publics, sans chercher à reproduire des modèles extérieurs, mais en adaptant le langage du duanju aux cultures et aux expériences vécues. Elle se montre optimiste quant à l’avenir du Duanju en Afrique. Dans un continent où le téléphone est devenu l’écran principal, le format mobile lui paraît naturellement adapté. « Les gens se réveillent le matin et la première chose qu’ils font est de regarder leur téléphone » , observe-t-elle. Mais pour que ce potentiel se concrétise, elle identifie trois conditions essentielles : former des auteurs capables d’écrire pour le format vertical, attirer des investisseurs et des plateformes prêtes à diffuser ces contenus, et encourager une créativité enracinée dans les cultures locales. Pour Akolade Bamidele, le duanju n’est pas une mode passagère. C’est un terrain d’apprentissage exigeant et une voie crédible pour raconter des histoires africaines. Interview mené par par Blessing Azugama. #BlessingAzugama
- Noah Fearnley : « C’est clairement un format qui est là pour durer »
La journaliste britannique Jen Cooper a rencontré Noah Fearnley, l’un des visages les plus identifiables du Duanju occidental. Derrière une présence devenue familière pour des millions de spectateurs, l’acteur américain livre un témoignage direct sur son parcours, son rapport au travail et sur ce que le format vertical a profondément modifié dans sa vie. Noah Fearnley n’était pas destiné à la comédie. Il grandit dans le Connecticut, passe par plusieurs villes américaines et se projette avant tout dans le football américain, avec l’objectif assumé d’intégrer la NFL. Une blessure au genou met brutalement fin à ce rêve. « Le football américain était toute ma vie. Puis on me l’a enlevé. » Cette rupture marque un basculement. Le mannequinat arrive presque par défaut, puis l’acting, non comme une quête de visibilité, mais comme un espace d’expression inattendu. La cadence du vertical drama s’impose ensuite avec une intensité extrême. Noah Fearnley enchaîne les tournages sur des périodes très longues, parfois plus de quatre-vingt jours consécutifs, jusqu’à cumuler plus de cinquante séries. Ce rythme devient à la fois une opportunité et un danger. « J’ai commencé à me perdre. Je ne savais plus qui j’étais. » Le travail constant agit comme un moteur, mais aussi comme un moyen d’éviter le vide, au point de brouiller la frontière entre le personnage et l’homme. Le public joue alors un rôle central. L’acteur insiste sur le lien direct avec les spectateurs, qui influence désormais ses choix artistiques. Plus que la notoriété ou la quantité de projets, c’est la réception émotionnelle qui compte. Certains rôles deviennent difficiles à porter lorsqu’ils se rapprochent trop de sa propre personnalité, car ils finissent par empiéter sur sa vie personnelle. Cette trajectoire individuelle reflète l’évolution plus large du vertical drama. Noah Fearnley a vu le format passer d’un espace marginal, porté par quelques acteurs et équipes réduites, à une industrie structurée et internationale. « C’est clairement un format qui est là pour durer. » Une croissance rapide qui, selon lui, impose aussi de repenser la place des acteurs et leur équilibre à long terme. Au fil de l’entretien, une idée revient avec insistance : derrière l’accumulation de rôles, il reste un homme en reconstruction. Noah Fearnley parle sans détour de santé mentale, de solitude et de la difficulté à exister en dehors des personnages qu’il incarne. « Je suis encore en train de travailler sur moi-même. » Une phrase simple, qui éclaire l’envers du décor d’un format souvent perçu comme léger, mais profondément engageant pour ceux qui le font vivre. Entretien mené par Jen Cooper, découvrez sa chaine Youtube . #JenCooper
- Selen Bazmanoglu veut ancrer le format Duanju dans les récits turcs
Forte de vingt ans d’expérience dans l’audiovisuel turc, Selen Bazmanoglu explique avoir lancé et développé des chaînes cinéma, TV, jeunesse et lifestyle sur les plus grandes plateformes du pays, puis sous des marques internes, et avoir conseillé des acteurs comme beIN, Turk Telekom et Turksat. Elle poursuit aujourd’hui cette trajectoire dans le vertical drama en tant que responsable du contenu de deux applications au format court, Short & More et WOMOD. Son intervention souligne un repère industriel clair. Elle qualifie la Chine de leader créatif mondial et confirme que ses équipes licencient activement des short dramas chinois, avec l’idée que ces histoires courtes résonnent bien auprès des publics internationaux. Cette référence s’inscrit dans une stratégie de lancement structurée : WOMOD vise les marchés internationaux tandis que Short & More se concentre sur la Turquie, avec une même exigence de récits courts de haute qualité et une combinaison d’originaux et d’acquisitions internationales. Sa vision reste toutefois d’abord turque. Elle insiste sur la solidité des traditions de narration en Turquie et indique que c’est l’une des raisons pour lesquelles Short & More s’appuie sur la production d’originaux. Elle voit un fort potentiel en explorant la romance, les comédies romantiques, le suspense et les récits jeunesse en format vertical. Elle rappelle enfin les défis d’un acteur local en phase de lancement : concurrence élevée, éducation du public et protection anti-piratage. Entretien mené par Wenwen Han. Découvrez sa chaine Youtube . #WenwenHan
- Bogdan Nesvit : « Notre objectif est de transformer chaque livre à succès en série verticale »
Invité au Short Drama Forum 2025, organisé par Wenwen Han, Bogdan Nesvit, fondateur et CEO de Holywater (stylisé en HOLYWATER), a présenté sa vision d’un écosystème créatif inédit, où la donnée, l’intelligence artificielle et le format vertical transforment la manière de produire et de diffuser des histoires. De la lecture aux séries verticales « Nous construisons un réseau de divertissement centré sur l’intelligence artificielle, avec plusieurs produits connectés. Au cœur de cet écosystème, il y a notre plateforme de livres, My Passion. Nous créons des centaines de livres exclusifs chaque mois, nous les testons auprès de notre audience, nous recueillons énormément de données, puis nous identifions les histoires les plus prometteuses », explique Bogdan Nesvit. Ces histoires deviennent alors la matière première de MyDrama, la plateforme de streaming vertical de Holywater. « Nous transformons les meilleurs récits issus de My Passion en séries pilotes, souvent produites avec l’aide de l’IA. Les projets qui obtiennent les meilleurs résultats sont ensuite tournés et diffusés sur MyDrama. C’est ainsi que nous assurons un taux de réussite supérieur à la moyenne du marché. » Un positionnement différent Contrairement aux géants asiatiques du duanju, Holywater mise sur la qualité et l’efficacité plus que sur la quantité : « Nous ne pouvons pas rivaliser avec ReelShort ou DramaBox en volume de contenu, car ils disposent de ressources financières et humaines beaucoup plus importantes. Nous devons être plus intelligents, et notre méthode consiste à faire en sorte que la plupart de nos séries deviennent des succès. » Il revendique même une position de leader hors de Chine : « En termes de revenus et d’utilisateurs, My Drama est aujourd’hui la première plateforme de streaming vertical en dehors de la Chine. » Pour Nesvit, le format duanju n’est pas une fin en soi, mais un outil au service d’un ensemble plus vaste : « Le short drama n’est pour nous qu’un format parmi d’autres pour développer les histoires que nous créons. Ce n’est pas notre produit central, mais une composante de notre écosystème. » Chaque récit peut évoluer, d’abord comme livre puis en série courte et au-delà, dans une logique de propriété intellectuelle qui vise à transformer une histoire forte en une marque déclinable. Cette stratégie, fondée sur la donnée et l’intelligence artificielle, consiste à tester en continu, sélectionner les récits prometteurs et investir dans ceux qui ont le plus de chances de devenir des succès : « Notre objectif est de transformer chaque livre à succès en série verticale. » Entretien mené par Wenwen Han. Découvrez sa chaine Youtube . #WenwenHan









