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117 résultats trouvés avec une recherche vide

  • « L’Europe a un rôle à jouer dans le Duanju mondial » Victor Potrel, TheSoul Publishing

    Interviewé par Wenwen Han dans le cadre de la table ronde organisée par la Short Drama Alliance, Victor Potrel, directeur de la stratégie externe chez TheSoul Publishing, incarne une nouvelle génération de stratèges du contenu. Basé à Londres, il observe de près la montée du short drama ces fictions ultra-courtes et verticales qui redessinent les usages vidéo sur mobile. Pour lui, ce format n’est ni une déclinaison miniature du cinéma, ni une tendance passagère, mais un langage à part entière, avec ses propres règles, sa grammaire et son économie. Selon Victor Potrel, le short drama s’impose comme un terrain d’innovation autant qu’un laboratoire industriel. « Ce n’est pas une version courte du long format, c’est un autre langage », explique-t-il. TheSoul Publishing, déjà connu pour sa production massive de contenus numériques multilingues, applique à ce nouveau champ une méthodologie issue de l’industrie digitale : tests rapides, itération créative et analyse fine de la réception. L’objectif n’est pas seulement de produire plus, mais de comprendre ce qui retient l’attention sur un écran vertical. L’entreprise a d’ailleurs lancé sa propre application, SHRT, dédiée aux séries de 1 à 2 minutes, afin d’expérimenter en continu les préférences de son audience mondiale. Dans un écosystème aujourd’hui largement dominé par les plateformes et les studios chinois, cette approche positionne TheSoul Publishing comme l’un des rares acteurs européens capables de dialoguer à armes égales. Victor Potrel évoque un “espace à conquérir” entre les récits culturels locaux et la narration globale : un terrain où le court format peut transcender les langues et les frontières. Derrière la compétition apparente se joue une forme d’émulation créative : comment adapter l’intensité émotionnelle et le rythme narratif du duanju à des sensibilités européennes ? Pour Potrel, la réponse passe par la structuration, non par la copie. Industrialiser la créativité courte ne revient pas à la standardiser : c’est organiser les conditions pour que les histoires puissent circuler à grande vitesse sans perdre leur singularité. Une ambition qui rejoint, à sa manière, celle de la Short Drama Alliance : faire du format un langage universel, capable de relier des industries et des imaginaires autrefois séparés. Entretien mené par Wenwen Han. Découvrez sa chaine Youtube . #WenwenHan

  • Vertifilms, le festival qui a cru au vertical avant TikTok

    En 2016, à Prague, alors que TikTok n’existe pas encore et que le vertical est encore vu comme une erreur de cadrage, Krystof Safer crée Vertifilms, un festival entièrement dédié aux films tournés en 9:16. Entretien avec Krystof Safer, fondateur du festival Vertifilms, réalisé par Wenwen Han. Pour lui, un film vertical est d’abord une œuvre pensée pour le smartphone tenu à la verticale, sans renoncer aux codes du cinéma classique. Les films sélectionnés à Vertifilms sont tournés avec une vraie équipe, un travail de montage et d’étalonnage, des génériques complets. La seule différence se joue dans le cadre, pas dans l’ambition artistique. Très vite, le festival reçoit des œuvres venues du monde entier : clips, documentaires, fictions courtes tournés en Europe, en Asie ou en Amérique latine. Certains réalisateurs s’amusent à détourner les contraintes du format, en jouant sur la hauteur des corps, l’architecture ou des compositions en plusieurs bandes. Vertifilms invente aussi des lieux de projection adaptés au 9:16, comme cette église étroite et très haute de Prague transformée en salle verticale, pour montrer que le format peut exister ailleurs que dans le flux des réseaux sociaux. Pour Krystof Safer, cette expérience prouve qu’un film vertical peut être présenté comme n’importe quel autre film : en salle, devant un public, dans un contexte de rencontres et de débats, avec le même sérieux qu’un festival de cinéma traditionnel. Relier l’Europe à la vague des microdrames asiatiques Au fil des années, son intuition est confirmée par ce qui se passe en Asie, où les short dramas explosent et transforment le téléphone en véritable télévision de poche. Des plateformes chinoises, coréennes ou japonaises structurent un marché du microdrame, avec des budgets, des formats et des modèles économiques dédiés. Ce que Vertifilms expérimentait côté auteur devient là-bas une industrie à part entière. Dans l’entretien avec Wenwen Han, Krystof Safer observe que de nombreux créateurs occidentaux aiment tourner en vertical pour les réseaux sociaux, mais souhaitent désormais raconter des histoires plus longues, avec des personnages, des arcs narratifs et des saisons. Vertifilms a servi de laboratoire à ces envies, en offrant un espace de visibilité à des projets qui dépassent la simple “vidéo jetable”. Reste le défi européen : un continent fragmenté en langues, habitudes de visionnage et marchés nationaux, où les sous-titres sont parfois illisibles sur de petits écrans. Krystof Safer se montre cependant optimiste. Selon lui, les outils de traduction et de doublage assistés par l’IA vont faciliter la circulation des séries asiatiques vers le public occidental, à condition que les histoires soient fortes. Après avoir défendu le vertical bien avant TikTok, Krystof Safer veut désormais se positionner comme un relais entre créateurs occidentaux et écosystème des microdrames asiatiques, en capitalisant sur l’expérience accumulée avec Vertifilms. Entretien mené par Wenwen Han. Découvrez sa chaine Youtube .  #WenwenHan

  • Scott Brown : « Les spectateurs veulent des histoires, pas du contenu »

    Interviewé par la journaliste Wenwen Han, Scott Brown revient sur son passage du monde YouTube au format vertical, un terrain qu’il considère aujourd’hui comme l’un des plus stimulants du paysage numérique américain. Pendant des années, il a accompagné des créateurs parmi les plus influents, observant de près l’évolution des usages. Désormais, il voit dans le short drama une mutation profonde du rapport aux récits sur mobile. Scott Brown explique que le public américain ne cherche plus seulement des personnalités, mais des histoires structurées pour le mobile. Il résume cette bascule ainsi : « Les spectateurs veulent de la fiction, pas juste du contenu. Le vertical devient l’endroit où ces histoires trouvent leur rythme naturel. » Cette approche l’a conduit à développer The Diamond Rose , sa première série pensée exclusivement pour l’écran de téléphone, avec un objectif clair : tester ce que peut produire le vertical lorsqu’il est conçu avec une méthodologie de studio. Avant même de tourner, Scott Brown a écrit plusieurs séries complètes pour comprendre ce qui fonctionne dans ce format rapide. Selon lui, l’efficacité du vertical repose sur l’anticipation et le rythme. « Le format t’oblige à être précis. Tu dois savoir exactement pourquoi chaque seconde existe », confie-t-il. Cette phase d’écriture intensive lui permet d’ajuster ses projets avant la production, dans un marché américain où la monétisation du short drama reste encore en construction. Brown observe également que les acteurs traditionnels du cinéma et de la télévision commencent à s’intéresser au vertical, non comme une tendance passagère, mais comme un nouvel espace narratif. Pour lui, la suite dépendra de la capacité des créateurs à structurer leurs œuvres, tester leurs idées et adapter leurs séries aux réactions du public. Entretien mené par Wenwen Han. Découvrez sa chaine Youtube . #WenwenHan

  • En Chine, les acteurs de Duanju deviennent des stars du divertissement

    Les Duanju deviennent un phénomène que la télévision chinoise ne peut plus ignorer. Leur explosion sur mobile a fait émerger une nouvelle génération d’acteurs, suivis par des millions de spectateurs, au point d’être désormais invités dans des programmes de divertissement grand public. Cette visibilité marque une étape clé : les duanju ne sont plus un format périphérique. L’émission « Kai Bo ! Duanju Season » est la première à installer les micro-fictions au cœur d’un véritable plateau télé. Pensée comme un hybride entre concours, variété et mini-séries, elle met en scène des acteurs de duanju qui rejouent des extraits, improvisent, participent à des défis ou réagissent en direct aux scènes tournées. Le programme transforme un format en un spectacle collectif, rythmé, pensé pour une audience familiale. Cette transposition du duanju vers la télévision de divertissement révèle son pouvoir d’attraction auprès du grand public. Les coulisses de l’émission jouent également un rôle dans la construction de ces nouvelles vedettes. Les séquences backstage, largement diffusées et commentées, montrent les acteurs en préparation, en répétition ou en interaction avec l’équipe. Elles participent à leur transformation en figures médiatiques à part entière : non seulement interprètes de personnages, mais personnalités suivies et identifiées. Cette mise en lumière renforce le statut du duanju comme vivier de talents. L’émission a atteint 62 millions de foyers et près de 100 millions de vues en ligne, des chiffres habituellement réservés aux grandes émissions de divertissement en Chine. Elle propose également 26 performances inspirées de films et de séries populaires, un choix stratégique qui attire non seulement les amateurs de duanju, mais aussi le public plus large déjà familier de ces œuvres. En s’appuyant sur des références connues, l’émission crée un effet de reconnaissance immédiate et élargit son audience au-delà des spectateurs habituels des micro-fictions. Source : • China Daily , 20 janvier 2025.

  • En Inde, Balaji Telefilms passe au duanju avec Story TV, déjà 10 millions d’utilisateurs

    Attention : Application à ne pas confondre avec la plateforme française du même nom qui est portée par le studio indépendant StudioQuinze. Il s’agit ici d'une application indienne de micro-dramas appartenant au groupe Eloelo. À ce jour, aucun lien capitalistique ou éditorial n’est établi entre ces deux plateformes, qui évoluent dans des pays et des écosystèmes différents. En Inde, où les grandes sagas télévisées ont longtemps rythmé les soirées des familles, un changement de format se prépare. Balaji Telefilms, connu pour ses feuilletons au long cours, s’oriente vers une nouvelle manière de raconter : des micro-dramas d’une minute, conçus spécialement pour l’écran vertical du smartphone. Cette évolution passe par la production de contenus destinés à Story TV, une application indienne de micro-fictions consommées en défilement continu, dans un langage narratif extrêmement condensé. Quand le feuilleton traditionnel s’adapte Balaji Telefilms explore un territoire radicalement différent de ses formats habituels. Les intrigues familiales, marque de fabrique du studio, doivent désormais tenir en une minute et maintenir l’attention dans un flux qui s’apparente à celui des reels. Pour les équipes créatives, l’enjeu est de repenser la mise en scène, de condenser les émotions, et d’installer des retournements narratifs. Story TV, qui dépasse déjà les dix millions d’utilisateurs, fournit un environnement entièrement pensé pour ces formats verticaux natifs. Son catalogue se développe rapidement, avec des centaines de micro-dramas ciblant une audience jeune, mobile-first, peu attachée aux épisodes de longue durée. Balaji Telefilms y voit l’opportunité d’expérimenter de nouveaux modèles de production, capables de toucher une génération qui consomme les histoires par fragments. Un marché en formation Le mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large : l’émergence d’un marché indien du micro-drama estimé à plusieurs milliards de dollars dans les prochaines années. L’essor des usages mobiles, combiné à la demande croissante de formats courts, pousse les acteurs locaux à structurer une nouvelle chaîne industrielle dédiée au vertical. Story TV s’aligne sur cette trajectoire avec une stratégie de croissance ambitieuse : atteindre cent millions d’utilisateurs, produire plus de 800 micro-dramas par an et développer un modèle de monétisation inspiré des réseaux sociaux. Pour Balaji Telefilms, l’enjeu est de trouver un relais de croissance en dehors de la télévision traditionnelle, tout en capitalisant sur son expertise du feuilleton. Si le marché du duanju indien se structure effectivement à la hauteur des prévisions, la transition vers le vertical pourrait devenir un pilier stratégique pour les grands studios historiques. Découvrir l'application : Google play / App Store Sources : • The Economic Times , 6 octobre 2025 • Business Standard , 6 octobre 2025 • Vitrina.ai , octobre 2025 • Afaqs , 4 novembre 2025

  • Ben Pengilly s’autoproclame pionnier de la fiction verticale européenne

    Ben Pengilly, producteur britannique spécialisé dans les mini-séries au format vertical, a récemment publié sur LinkedIn un message où il affirme avoir réalisé « the first ever vertical in Europe ». Autrement dit, il se présente comme pionnier du genre à l’échelle du continent. Peut-être a-t-il simplement confondu Royaume-Uni et Europe, mais cette assertion mérite d’être remise en perspective. L’expansion du vertical drama (ou duanju) en Europe n’est pas l’œuvre d’un seul homme, mais résulte d’une constellation d’initiatives parallèles menées dans plusieurs pays, souvent sans coordination, mais avec la même intuition : le téléphone portable allait devenir un écran de fiction à part entière. Non sans froisser nos amis d’outre-Manche, la France et l’Ukraine font partie des premiers terrains d’expérimentation du format duanju en Europe. Dès le printemps 2023, le réalisateur français Guillaume Sanjorge lance sur Facebook une micro-série verticale intitulée Les Aventures avec ma voisine (Next Door Adventure). Cette série engrange rapidement plusieurs centaines de milliers de vues en l’absence de toute plateforme dédiée. En seulement deux extraits publiés sur les réseaux sociaux (avril et juin 2023), elle prouve qu’un public existe. Faute de structure de diffusion nationale à l’époque, la série finira par être distribuée sur une plateforme asiatique en 2025. Dans le même mouvement, les Français Alexandre Perrin et Adrien Cottinaud de Studio Quinze tournent également en vertical dès la fin de l’année 2023, avec des fictions courtes. Là encore, l’enjeu n’est pas de revendiquer un « premier », mais de tester un langage, un découpage et une direction d’acteur adaptés au cadre 9:16, dans un contexte où aucune ligne claire n’est encore tracée en Europe. En parallèle, l’Europe de l’Est joue aussi un rôle décisif dans l’essor du format vertical, au point d’en devenir le moteur économique principal sur le continent. C’est en Ukraine qu’est née la première plateforme européenne dédiée aux duanju : début 2024, la start-up Holywater, fondée par l’entrepreneur Bogdan Nesvit, lance l’application MyDrama. Pensée dès le départ pour un usage mobile, cette plateforme propose un catalogue de séries verticales de deux à trois minutes par épisode, adaptées aux habitudes de visionnage fragmenté des jeunes publics. Le succès est fulgurant : MyDrama conquiert rapidement des centaines de milliers d’utilisateurs et génère plusieurs millions de dollars de revenus annuels dès sa première année. Pour produire à ce rythme, la plateforme s’appuie notamment sur Amo Picture, un studio ukrainien très investi dans le format vertical, qui devient l’un de ses partenaires de production privilégiés. La société DramaShorts, cofondée par l’Ukrainien Leo Ovdiïenko, commence ainsi à produire des vertical dramas en Europe avant de s’étendre aux États-Unis. Ces acteurs adoptent une logique très collaborative : DramaShorts explique s’appuyer sur la diversité des équipes et des territoires pour séduire un public international. Ces plateformes et studios transnationaux témoignent que l’expansion du duanju ne s’est pas jouée dans un seul pays, mais via des efforts simultanés à l’échelle européenne et mondiale. Collaboration plutôt que compétition : un format co-construit L’histoire du vertical drama en Europe n’est donc pas celle d’une compétition pour un titre de « premier », compétition d’ailleurs largement imaginaire, tant le format est apparu quasiment en même temps dans plusieurs endroits sans que les protagonistes ne se concertent. Au contraire, c’est une aventure collective, qui a vu se croiser et coopérer de multiples trajectoires. Plus à l’Est, les entrepreneurs ukrainiens ont apporté l’infrastructure technologique et les financements pour donner au format une véritable plateforme de diffusion de masse. Ailleurs, des auteurs et réalisateurs ont apporté les univers, les acteurs et les récits. En reconnaissant la pluralité des forces en présence, on rend justice aux véritables artisans de cette révolution audiovisuelle : une communauté internationale de créateurs, producteurs et diffuseurs qui, chacun dans leur coin puis de plus en plus en réseau, ont construit pierre par pierre le succès du vertical drama en Europe. Si Ben Pengilly mérite sa part de lumière pour avoir contribué à structurer la production verticale au Royaume-Uni, il est important de replacer son action parmi celles, tout aussi pionnières, de ses homologues. Loin d’une légende du premier arrivé, seul vainqueur, le vertical drama européen est le produit d’un effort collectif, sans lequel le format n’aurait jamais connu une expansion aussi rapide et réussie.

  • La page « Sous le ciel de Paris » prépare sa première série verticale

    Sur Facebook, la page « Sous le ciel de Paris » est devenue un phénomène viral en célébrant la beauté de la capitale française. Elle publie quotidiennement des clichés et vidéos offrant un regard poétique sur Paris : ruelles de Montmartre, quais de Seine au coucher du soleil, intérieurs de cafés historiques... Ces contenus touchent une corde sensible chez les amoureux de Paris et génèrent un engagement massif. Le cliché de la pittoresque Rue de l’Abreuvoir à Montmartre figure parmi les publications populaires de Sous le ciel de Paris, avec des milliers de likes et de partages. Ce succès témoigne de l’engouement du public pour les scènes parisiennes authentiques, qu’il s’agisse de panoramas emblématiques ou d’instantanés insolites capturant l’âme de la ville. À l’origine de « Sous le ciel de Paris », on retrouve Fernando Nakahodo, un curateur brésilien passionné par Paris. Chacune de ses publications est soigneusement choisie ou réalisée pour mettre en valeur un aspect de la capitale : il peut aussi bien partager une photographie d’archive illustrant le Paris d’antan qu’un instantané contemporain révélant la magie d’une rue au petit matin. À travers son œil de passionné, Fernando Nakahodo sublime Paris et transmet son admiration sincère pour la Ville Lumière. Cette approche lui a permis de fédérer une communauté considérable : sa page dépasse aujourd’hui les 300 000 abonnés fidèles. Face à lui se tient Guillaume Sanjorge, producteur audiovisuel français. Investi dans le numérique, Guillaume Sanjorge a été l’un des premiers en France à croire au potentiel du format « Duanju », ces mini-séries conçues pour un visionnage vertical sur mobile. Dès 2023, il initie ce format innovant en produisant des fictions ultra-courtes avec deux premiers épisode qui dépassent 700 000 vues sur facebook. En avril 2025, son travail franchit une étape, Les aventures avec ma voisine  devient la première série française diffusée sur Stardust TV, une plateforme asiatique de référence pour le format vertica. Une première qui a marqué l’entrée de la France dans le catalogue mondial du Duanju. Producteur mais aussi auteur et acteur à l’occasion, Guillaume Sanjorge déterminé à exporter le savoir-faire français en matière de fiction courte et innovante. La rencontre de deux univers C’est donc la rencontre entre Fernando Nakahodo et Guillaume Sanjorge qui donne naissance à un projet inédit : le lancement d’une série originale coproduite et diffusée conjointement sur leurs plateformes respectives. D’un côté, la page Sous le ciel de Paris apportera son vaste public d’admirateurs de la capitale ; de l’autre, Guillaume Sanjorge mobilisera sa capacité de production et ses propres abonnés (environ 10 000 abonnés). L’idée maîtresse est de proposer une fiction brève verticale exploitant l’esthétique parisienne chère à Fernando, tout en profitant de l’expertise narrative de Guillaume dans le format court. Chaque épisode de la série sera diffusé en parallèle sur les deux pages Facebook des créateurs, permettant de multiplier l’audience en réunissant leurs communautés. Cette synergie entre influence digitale et production audiovisuelle illustre une tendance nouvelle : celle de faire vivre des récits originaux directement sur les réseaux sociaux. Sans dévoiler prématurément le contenu de la série en préparation, on sait d’ores et déjà qu’elle prendra place à Paris. Découvrir la page « Sous le ciel de Paris » : Lien

  • Anatomie d’un cliffhanger : décrypter l’art du suspense

    S'il y a bien un format qui en use, c'est le Duanju : jalon rythmique et outil de l’attention, le cliffhanger sert autant l’arc narratif que le modèle économique des duanju, à condition d’être pensé et employé avec finesse. Définition et héritage du cliffhanger de feuilleton Tout spectateur a déjà fait l’expérience de l’effet « cliffhanger » en regardant une série : ce moment où le récit, au lieu de nous donner à voir davantage, suspend. L’étymologie anglo-saxonne le dit simplement : « cliff », la falaise ; « hang », rester accroché. Le héros est laissé au bord, face au vide, et nous avec lui. L’invention n’est ni nouvelle, ni cantonnée au format numérique : elle se développe dès le 19 ème  siècle dans les feuilletons de presse, quand l’épisode se termine au point exact qui oblige à acheter le numéro suivant. Pour autant, l’utilisation du cliffhanger prend une nouvelle dimension au sein du duanju. Dans l’économie de l’attention, le cliffhanger est un moteur de la fidélité du spectateur : revenir plus tard mais bientôt, pour résoudre ce qui a été laissé en suspens. Le duanju, l'art de la coupe et de la rupture Le cliffhanger est un ressort narratif aussi vieux que le feuilleton et pourtant tout aussi neuf que l’écran de nos téléphones. S’il revient en force avec le duanju, ce n’est pas par simple mimétisme. En effet, le duanju n’est pas qu’une nouvelle habitude de visionnage. C’est une nouvelle forme d’écriture. Chaque épisode, ultra‑court, impose un art de la coupe : conclure sans finaliser, promettre sans décevoir, rythmer sans essouffler. Le cliffhanger s’y loge naturellement, épisode après épisode, comme un métronome sensible : il scande l’action, fixe un repère mémoriel, plante une promesse ou une incertitude qui appelle sa résolution. Dans ce format, le suspense n’est pas un supplément de style : il est l’ossature même du récit. Mémoire de l’inachevé : l’effet Zeigarnik On sait pourquoi le cliffhanger fonctionne si bien. Le spectateur, emporté par la tension narrative et émotionnelle, revient d’autant plus volontiers qu’il reste quelque chose à régler entre lui et l’histoire. La psychologie a donné un nom à cette mémoire de l’inachevé : l’effet Zeigarnik. Une tâche interrompue s’imprime mieux qu’une tâche accomplie et un désir non assouvi reste actif. De la même manière, un épisode qui s’arrête avant la résolution imprime une tension mnésique : l’histoire reste ouverte et le spectateur a envie d’y retourner. Le cliffhanger utilise cette mécanique avec créativité quand il sait s’arrêter juste avant la réponse, au seuil de la résolution, là où l’esprit reste en activité. Convertir la peur de rater quelque chose en action Autre explication. Le duanju s’accorde à notre temps morcelé, nos rythmes de vie accélérés et nos disponibilités réduites, tout autant qu’à la recherche d’intensité immédiate, de surprise et de nouveauté. Cette dernière quête répond au phénomène de FOMO (« fear of missing out » en anglais), la peur de rater quelque chose. Le cliffhanger cristallise cette dynamique : il matérialise l’enjeu du récit sous la forme d’un présent aigu (« il se passe quelque chose maintenant »), déclenche la curiosité et convertit l’intérêt en action (regarder l’épisode suivant). La fiction et son intrusion dans le réel La technique du cliffhanger engage aussi le format numérique propre au duanju. Grâce au mobile, la tension peut sortir de la diégèse, le temps de l'histoire, pour prolonger ses effets en dehors de l’épisode et faire irruption dans le réel. Les notifications invitant l’audience à reprendre le fil de l’histoire interrompue constituent un morceau d’écriture extradiégétique. Cette accroche qui s’allume sur le téléphone entre deux réunions, rappelle la promesse en attente de résolution et resitue l’enjeu de cette histoire que l’on avait mise en suspens. Une notification n’incite plus seulement le spectateur à s’immerger à nouveau dans l’histoire, elle relance la fiction par une phrase courte sous forme de promesse : « Tu ne devineras jamais qui revient dans le prochain épisode… ». Le cliffhanger transforme l’attention en geste, la passivité en action : regarder l’épisode suivant, liker, partager, commenter. Le cliffhanger devient alors signal temporel autant que figure narrative : il va chercher le spectateur au sein de sa réalité quotidienne pour le ramener à la fiction. Bien fait, cet aller‑retour entre fiction et quotidien renforce l’engagement. Mal dosé, il se mue en « push » grossier et abîme la confiance. Un même outil, deux effets possibles. Le cliffhanger à l’épreuve du paywall : conversion et bascule économique Au plan économique, le cliffhanger a également une fonction performative et accélère la bascule : clôturant l’accès aux premiers épisodes gratuits, il précède le paywall et la promesse de résolution devient une promesse de conversion. Le cliffhanger devient-il alors un simple outil économique ? Ou peut-il aussi constituer un alignement possible entre le geste narratif (promettre une suite) et le geste produit (proposer de continuer maintenant contre paiement) ? Cela semble possible dans la mesure où le premier geste reste cohérent et convaincant, non pas assujetti au modèle financier. Le paywall ne doit pas être un couperet qui tranche au milieu d’une phrase : il fonctionne quand il s’intercale après une promesse claire et avant une résolution courte, s’inscrivant dans la logique même de l’histoire et de sa progression. L’usure du suspense : surenchère et caricature Autre piège : la surenchère ou la caricature. Une promesse, répétée trop souvent, s’use. On finit par reconnaître les coutures, par anticiper la fausse alerte, par se lasser d’une intensité toujours au même degré. Le cliffhanger mal compris devient un vieux refrain ajouté en fin de couplet par réflexe, ou une astuce de montage qui conclut artificiellement la scène sans qu’elle porte d’enjeu. Cette possible inflation dramatique agit alors au prix de la crédibilité. Les personnages cessent d’apprendre ou de choisir : ils ne servent plus que de vecteurs à un retournement de plus. La promesse devient décevante et le contrat de confiance avec le spectateur s’étiole. On revient par réflexe, non par désir. Vers une maitrise de la tension C’est pourquoi il faut utiliser le cliffhanger non comme un instrument narratif automatique mais comme une écologie de la tension : une manière de ménager, d’économiser, de surprendre, d’alterner. Toute promesse suppose une préparation, une formulation claire et une résolution. Le cliffhanger idéal n’est pas celui qui contredit le fil narratif, c’est celui qui est inévitable : imprévisible dans sa forme, nécessaire dans son sens. Dans le duanju, cette discipline du cliffhanger s’accompagne d’une bonne évaluation de la fréquence, du rythme et du délai entre promesse et résolution. Au scénariste ou au réalisateur d’orchestrer : des questionnements de fin de séquence, des répliques suspendues, des actions interrompues (micro-cliffhangers), des suspensions de fin d’épisode (macro-cliffhangers). Sans oublier, entre deux épisodes à cliffhanger fort, des paliers de respiration, des résolutions partielles, de l’humour, des moments d’intimité, pour que la frustration attachée aux cliffhangers reste positive et que la progression de l’histoire demeure fluide. L’exemple de la série «  Les aventures avec ma voisine  » (Sanjorge Production) On observe cette fine orchestration dans la mini-série Les Aventures avec ma voisine ( Next-Door Adventures en anglais), produite par Sanjorge Production qui maitrise sa narration. Dans cette fiction, les cliffhangers déplacent véritablement l’histoire, qui commence comme la rencontre entre un jeune homme candide et sa trop charmante voisine, avec un jeu de séduction maladroit de la part du premier. Puis, un château surgit et avec lui, un changement d’échelle comme de décor. L’apparition de ce château surprenant ouvre un nouvel espace de jeu et de mystère. Un majordome entre alors en scène. Personnage perturbateur, il bouleverse la dynamique naissante entre le jeune homme et sa voisine : le duo devient trio. La danse de la séduction est interrompue au moment où elle s’installait. La tension sentimentale gagne en densité parce qu’un tiers redistribue les forces et complique les rapprochements. Plus loin, le fantastique fait irruption : des gnomes espiègles bousculent le réalisme, ajoutent de l’inattendu et des péripéties, forçant les héros à se révéler par l’épreuve. Ce nouveau genre enrichit le registre de la série. Et le spectateur partage la surprise des personnages : une valise abrite l’improbable, le majordome disparaît mystérieusement. L’audience s’attache parce que l’obstacle n’est pas artificiel : celui-ci éprouve la romance, l’oblige à se redéfinir. Ici, chaque cliffhanger est au service d’une progression du récit (nouveau lieu, nouvel enjeu), d’une transformation de la relation entre les deux personnages principaux (complicité, admiration), d’une émotion renouvelée (désir, attente, peur), ou d’une révélation. La tension du cliffhanger devient un tremplin tant émotionnel que narratif. Varier les suspenses et les plaisirs La question ouverte (« comment va évoluer la romance ? ») n’a pas la même musique que la décision suspendue (continuer l’aventure à deux ou à trois), qui n’a pas le même effet que la révélation différée (la disparition du majordome), que le compte à rebours qui rétrécit le temps, que le renversement qui retourne une certitude, que l’ironie dramatique qui livre au public ce que le héros ignore encore, ou que le dilemme qui promet du sens plus que de l’action. Faut‑il renoncer aux codes ? Il faut plutôt les travailler comme des familles d’effets à varier plutôt qu’à répéter. On peut tous les convoquer, mais pas ensemble, pas tout le temps, pas sans progression ni cohérence avec l’histoire. À chaque cliffhanger, la question clé demeure : quel est son impact sur l’arc d’un personnage ? S’il n’y en a pas, on a sans doute accroché un effet décoratif. User du cliffhanger avec modération Pourquoi ne faut‑il pas abuser des cliffhangers ? Parce que le rythme ne se réduit pas à des chutes de fin : il naît de la densité des scènes, de l’intensité des regards, des gestes, des silences. Parce que la promesse, sans résolution, n’est qu’une déception. Parce que la variété de ton, d’intensité ou de genre protège de la lassitude. Parce que l’émotion compte autant que l’intrigue : ce que nous suivons, ce n’est pas une technique bien huilée qui marcherait à tous les coups, c’est avant tout une évolution de l’histoire et des personnages. Mesurer pour mieux raconter Le duanju offrant des métriques précises, il permet d’observer l’efficacité d’un cliffhanger : temps de visionnage, taux de poursuite de la série, abandon après cliffhanger, commentaires. Si un type de suspension suscite abandon ou rejet par l’audience, cette donnée est avant tout une opportunité pour réécrire l’équilibre. L’enjeu est bien de construire la fidélité des spectateurs sur le long terme. En conclusion... Le duanju réinvente donc la structure du feuilleton et le cliffhanger en est l’un des outils phares. Bien employé, préparé avec soin, signifiant pour l’histoire et les personnages, il accélère le récit tout en respectant le spectateur. Le cliffhanger, dans le duanju, doit redevenir une conséquence de l’histoire, non sa condition. Autrement, il épuise et appauvrit. L’équilibre est la clé : alterner promesse et résolution, tension et respiration, surprise et fluidité. C’est à cette condition que le duanju, nouvelle forme narrative autant que nouveau format de consommation, continuera de mettre le mot « feuilleton » au goût du jour. Article rédigé par Maëlle Billant #MaelleBillant Sources : Webmd , 12 juillet 2024 Penserchanger , 28 février 2021

  • Carton d’audience en 2023 pour la série française au format Duanju « Les aventures avec ma voisine »

    Avant de rejoindre la plateforme internationale Stardust TV en 2025, la mini-série feuilletonnante Les aventures avec ma voisine  avait déjà rencontré un succès viral sur Facebook, cumulant près de 700 000 vues. Deux premiers extraits publiés au printemps 2023 ont révélé le potentiel de ce format encore inédit en France. En 2023, aucune plateforme n’existait encore en langue française, alors que le format connaissait déjà un essor à l’étranger. En Chine, 2023 marque l’explosion des mini-feuilletons verticaux. Dans ce paysage, Les aventures avec ma voisine fait figure de pionnière française, en s’inscrivant dans une tendance mondiale. Le 12 avril 2023, un premier épisode franchit les 400 000 vues, accompagné de plus d’un millier de mentions J’aime et de nombreux partages. Deux mois plus tard, le 22 juin, un autre épisode confirme l’engouement avec plus de 300 000 vues et une nouvelle vague de réactions enthousiastes. Le public salue le ton léger, la beauté de l’actrice Lana Sfera et le personnage attachant incarné par Guillaume Sanjorge : « C’est vraiment bon, j’adore, bravo tu es au top », écrit une spectatrice. « Tu as une âme de comédien et de rassembleur », ajoute un autre. Certains s’amusent des situations : « Donc il faut donner du sucre à la place du sel, c’est ça ? » ou encore « Sacré sel ! » De Facebook à Stardust TV Le projet a ensuite été raccourci pour coller aux standards du Duanju, avec un rythme plus soutenu et des épisodes condensés. En avril 2025, la série rejoint le catalogue international de Stardust TV, devenant la première production originale française disponible en huit langues (français, anglais, japonais, coréen, turc, arabe, portugais, espagnol et allemand). Les plateformes de fiction mobile offrent un environnement plus adapté que les réseaux sociaux pour ce type de formats : elles permettent au spectateur de suivre l’histoire épisode après épisode, avec une expérience pensée pour la sérialité et le visionnage sur smartphone. Ainsi, les aventures nées sur les réseaux sociaux ont trouvé un second souffle sur une plateforme internationale, confirmant la capacité du format à franchir les frontières. Source : Facebook - Guillaume Sanjorge , 23 juin 2025 Morandini Blog , 13 avril 2025

  • Le Sap’Heure : le bistrot parisien devenu décor de séries Duanju

    Depuis 2023, le bistrot Le Sap'Heure, situé sur la place Jacques Froment près de Montmartre, s'est imposé comme un lieu incontournable pour le format Duanju à la française. Entre tournages, projections et vie de quartier, il conjugue convivialité, gastronomie et création audiovisuelle. Ce nouveau format de fiction mobile a trouvé ici l’un de ses ancrages parisiens. De l’assiette à la fiction En novembre 2023, Le Sap'Heure a servi de décor à une scène de la série Les Aventures avec ma voisine, réalisée par Jérémy Haeffele et diffusée sur Stardust TV. Dans cette scène, le héros, incarné par Guillaume Sanjorge, confie ses rêves les plus fous à sa voisine, jouée par Lana Sfera, lors d'un rendez-vous plein d'humour et de poésie dans l'ambiance intime du bistro. Une comédie fraternelle sur grand comptoir En 2024 et 2025, le bistro a accueilli l’intégralité du tournage de La Minute des Frangins, une comédie contemporaine au format Duanju produite par Sanjorge Production. Entre complicité et chamailleries fraternelles, les personnages ont trouvé dans ce décor un terrain de jeu naturel. Les acteurs Sylvain Binetti, Guillaume SanJorge, Chloé Borivage, Claudia Notte, Claire Butard et Anaïs Petit y ont incarné des rôles hauts en couleur. Une projection internationale Le 14 juin 2025, le Sap’Heure s’est transformé en salle de projection lors d’une soirée organisée par l’association Studio Phocéen. Devant un public local et des invités connectés depuis le monde entier, cinq fictions Duanju produites par Sanjorge Production ont été présentées : Ambre, La Minute des Frangins, Miliciens, Roi Gandolfi et Les Aventures avec ma voisine. La projection s'est terminée par une session d'échanges dynamiques entre les professionnels internationaux et les équipes françaises. Un souffle littéraire et culturel Plus qu’un décor de cinéma, le Sap’Heure est aussi un espace de création et d’inspiration. C’est ici qu’a été rédigée une partie du livre Houris de Kamel Daoud, couronné par le prix Goncourt, l’une des plus hautes distinctions littéraires françaises. La passion d’un restaurateur À l’origine de cette dynamique artistique et culinaire se trouve Benor Attouche, un entrepreneur passionné fier de ses racines kabyles et profondément amoureux de la France. Avec son équipe, il propose une cuisine française simple et raffinée en semaine, avant de laisser place aux saveurs orientales le week-end. Grâce à ses prix abordables et son sens de l’accueil, il a transformé Le Sap’Heure en un véritable point de ralliement aussi bien pour les habitants du quartier que pour les voyageurs et divers personnalités. Un ancrage parisien pour le Duanju À travers ses tournages et ses événements, le Sap’Heure illustre l’ancrage du Duanju dans la vie parisienne. Entre art, gastronomie et fiction, ce bar-restaurant prouve qu’un lieu de convivialité peut aussi devenir une scène où s’écrit l’avenir de la création numérique. Le Sap’Heure pourrait bien devenir pour le Duanju ce que le Café des Deux Moulins est pour Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, ou ce que le Central Perk est pour la série culte Friends.

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