StoryShort : la première application de Duanju centrée sur des séries francophones
- 25 janv.
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Dernière mise à jour : 27 janv.
Nous avions déjà suivi ce projet lorsqu’il s’appelait StoryTV, au moment où Alexandre Perrin et Adrien Cottinaud le présentaient comme une initiative française dédiée aux micro-séries verticales. Le nom a depuis évolué vers StoryShort, un intitulé anglais pour une application française avec des séries en langue française. Une volonté de se positionner dans un marché mondial, tout en évitant les confusions avec des appellations proches, notamment en Inde autour de l'application “Story TV”.
Lors de la projection organisée par Studio Phocéen à Paris le 14 juin 2025, les deux dirigeants exposaient leur méthode : vidéo 9:16 en plein écran, jeu frontal, plans serrés, micro-épisodes, et une dramaturgie conçue pour l’attention mobile, avec des cliffhangers très rapprochés.
Trois mois plus tard, le contexte français se durcissait : au Festival de la Fiction de La Rochelle, le président du CNC, Gaëtan Bruel, qualifiait les micro-dramas de « parfait contre-exemple ». C’est dans ce climat que StoryShort s’inscrit, en choisissant d’avancer malgré les réticences institutionnelles.
Quelques mois plus tard, le projet change d’échelle. StoryShort n’est plus une plateforme en devenir ou un simple concept de diffusion : c’est une application distribuée sur les stores, portée par l’idée que le duanju n’est plus seulement importé ou commenté en France, mais qu’il peut désormais être produit, organisé et commercialisé localement.
Sur la forme, StoryShort reprend les fondamentaux du langage duanju : vertical plein écran, épisodes très courts, narration accélérée, montage conçu pour accrocher immédiatement, et sérialité structurée par le rebond permanent.
Le catalogue mis en avant joue clairement la lisibilité, avec des titres à archétypes et promesse immédiate, typiques des vertical dramas : amour interdit, figures de pouvoir, secrets, renversements de statut. La stratégie est lisible : produire des déclencheurs narratifs simples, immédiatement compréhensibles, qui permettent au spectateur de s’engager en quelques secondes et d’enchaîner.
Le “feuilleton” version mobile, et l’idée d’un format qui dépoussière la télévision
Pour un regard français, cette grammaire renvoie à ses feuilletons télévisée installés comme : Au nom de la vérité, Mon histoire vraie, Si près de chez vous, Face au doute, Le jour où tout a basculé, et leurs déclinaisons comme Petits secrets entre voisins. Même logique de récits courts centrés sur l’intime, mêmes situations domestiques, mêmes secrets ordinaires qui deviennent des drames, même efficacité de production et de narration pensée pour la répétition et l’enchaînement.
La différence, c’est que la vitesse d’écriture opèrent comme un dépoussiérage. On garde l’ADN du feuilleton populaire, mais on le compresse, on le rend plus nerveux, plus compatible avec l’attention fragmentée, et plus directement monétisable dans un univers applicatif. Autrement dit, ce n’est pas seulement un nouveau support : c’est une manière de moderniser un langage télévisuel connu en le rendant natif smartphone.
C’est précisément là que l’avenir de StoryShort peut intéresser des producteurs et des médias déjà familiers de ces écritures. Des sociétés qui fabriquent des récits fondés sur la clarté des enjeux, l’accroche immédiate, les retournements rapides et la performance narrative, pourraient voir dans ce type d’application un débouché complémentaire ou un laboratoire.
Si StoryShort parvient à installer une régularité de publication et une consommation durable, elle peut devenir, à moyen terme, une plateforme attractive pour des acteurs français qui cherchent à rajeunir leurs formats, tester de nouveaux usages et capter une audience mobile sans renier la fiction populaire.
Découvrir l'application sur Google Play
Sources :
• Ecran total – 22 janvier 2026
• Business Insider – 17 septembre 2025


