Le Japon vise 10 millions d’abonnés pour ses fictions verticales
- Sanjorge Guillaume

- 9 sept. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 10 sept. 2025

À Tokyo, la fiction verticale a désormais son propre sommet. Le « Short Drama Summit JAPAN 2025 Summer », organisé par LINE Yahoo!, a réuni producteurs, plateformes et créateurs pour dresser un état des lieux du secteur et afficher une ambition claire : atteindre 10 millions d’utilisateurs payants par mois.
Un marché en plein essor
Selon Line Voom, la plateforme de vidéos courtes intégrée à l’application LINE, elle-même un service de messagerie instantanée largement utilisé au Japon, le marché mondial du duanju représentait 1,5 milliard de dollars en 2024. Le Japon pèse encore peu (environ 100 millions d’euros) mais connaît une croissance fulgurante : multiplié par quatre en un an, avec une projection à 470 millions d’euros d’ici 2029. Les organisateurs y voient le potentiel d’un nouvel écosystème culturel, capable de rivaliser avec l’édition numérique et le streaming.
Le sommet a mis en lumière les principaux acteurs du secteur. BUMP, avec plus de 230 millions de téléchargements, s’est illustré grâce à des séries comme La condition de la petite amie parfaite. Gokko, un studio entièrement dédié aux fictions verticales, a déjà produit près de 2 000 vidéos, cumulant plus de 9,4 milliards de vues. DramaBox, d’origine chinoise mais désormais implantée au Japon, se développe en s’appuyant sur l’énorme catalogue de productions chinoises. Aux côtés de ces leaders, d’autres producteurs, comme COL JAPAN ou WaGa, expérimentent des formats hybrides et cherchent à structurer le marché local.
Les débats ont révélé une tension créative : faut-il privilégier la rapidité et la consommation immédiate, ou viser des récits capables de marquer les spectateurs ? Certains intervenants comparent la fiction verticale au fast-food, où l’efficacité prime. D’autres insistent sur l’importance du scénario, clé pour séduire le public international et donner au duanju une véritable identité artistique.
Le défi de la monétisation
Le modèle économique reste en construction. La plupart des plateformes combinent paiement à l’épisode, publicité et formules d’abonnement. BUMP et Gokko explorent l’idée d’un “forfait à 500 yens” (environ 3 euros), permettant de voir une saison complète à prix réduit, afin d’habituer le public à payer. Mais la fidélisation demeure un problème : beaucoup d’utilisateurs s’abonnent pour une semaine avant de se désinscrire.
Tous s’accordent : pour franchir le cap des 10 millions d’abonnés, le Japon doit produire davantage de contenus marquants, attirer des acteurs reconnus et développer une véritable culture de la fiction verticale. Comme l’a rappelé LINE VOOM, si les mangas ont mis 20 ans à s’imposer comme un secteur majeur, le duanju pourrait suivre le même chemin… mais beaucoup plus vite.
Source :
• Natalie.mu, 29 août 2025


